‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 23 sur 101 · Athenx Belgicæ, 1628, p · texte numérisé non relu

Athenx Belgicæ, 1628, p

4, Bibliothèque nationale, ms. fr. nouv. acq. 6205, fo 316 a,

DESCARTES ET LA MUSIQUE à 9

Loin de s'intéresser à ces essais tentés pour faciliter l'étude de la musique, Descartes se complaît à expliquer le système des muances par une ingénieuse figure, et déclare qu’il serait bien inutile de trouver d'autres notes. « Elles seraient superflues, puisqu'elles désigneraient les mêmes intervalles qui sont déjà désignés dans le chant par nature: en outre, elles seraient incommodes, parceque telle multitude de notes troublerait grandement les musiciens, aussi bien pour écrire la musique, que pour la chanter!. » Pour Descartes, qui est mathématicien, le système des muances est fort simple. Il ne songe point que les enfants ne l’apprennent qu'avec la plus grande peine, par les rabâchages et sous la férule du maître {verbis et verberibus), dit Calvisius, et il oublie que cette science ardue cause le « supplice des jeuñes esprits » (cruæ tenellorum ingeniorum).

Sur une partie de cette question, d’ailleurs, Beeckman et Descartes sont d'accord ?. Le recteur de Dordrecht remarque bien que les muances sont fort désagréables aux enfants ?, mais il ne cite les syllabes nouvelles bo, ce, di, ga, lo, ma, ni que pour en indiquer la dangereuse inutilité, car on risque, en s’en servant, de confondre, par l'énoncé, des consonrances de nature différente ; du reste, les adopter donne raison à l’adage male fit per plura

- quod bene fit per pauciora, et le désavantage est d'autant plus

considérable que les six notes sont déjà trop nombreuses, puisque quatre notes suflisent « pour exprimer parfaitement toute la diversité des tons “ ». Ici, Beeckman se sépare de Descartes, et il semble bien que l’auteur du Compendium lui a déjà entendu émettre cette opinion, quand il écrit: Denique hic posset objici sex voces,ut, re, mi, fa, sol, la, esse superfluas, et quatuor sufficere, quum tria duntaxat sint diversa intervalla, quo pacto certe musicam cantari posse non nego. Sed quia magna differentia est inter terminos acutum et gravem, gravisque sit longe præcipuus, …. idcirco melius et commodius est diversis notis uti, quam iisdem versus acutam partem et gravem ÿ. | On le voit, Descartes s'engage à peine dans le débat causé par

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