Janvier 1630 (Correspondance, I, p
que les poissons !. » Enfin il déclare: « Pour vostre question, sçavoir si on peut establir la raison du beau, c’est tout de mesme que ce que vous demandiez auparavant, pourquoy un son est plus agréable que l’autre, sinon que le mot de beau semble plus particulièrement se rapporter au sens de la vue. Mais généralement ny le beau, ny l’agréable, ne signifient rien qu'un rapport de nostre jugement à l'objet; et pour ce que les jugemens des hommes sont si différens, on ne peut dire que le beau, ny l’agréable, ayent aucune mesure déterminée. Et je ne le sçaurais mieux expliquer que j'ay fait autrefois en ma musique ?. » A la suite de ce passage, Descartes cite un extrait des Prænotanda du Compendium où 1l dit, ainsi que nous l’avons déjà rappelé, que « les objets sensibles ne plaisent pas extrêmement à l'esprit quand le sens les perçoit trop aisément, ou trop difficilement*» et il s’explique en donnant un exemple : « Les compartimens d’un parterre, qui ne consisteroient qu’en une ou deux sortes de figures, arrangées toujours de mesme façon, se comprendront bien plus aisément que s'il y en avoit dix ou douze, et arrangées diver-
sement ; mais ce n’est pas à dire qu’on puisse nommer absolument l’un plus beau que l’autre, mais selon la fantaisie des uns, celuy de trois sortes de figures sera le plus beau, selon celle des autres celuy de quatre, ou de cinq, etc. Mais ce qui plaira à plus de gens, pourra estre nommé simplement le plus beau, ce qui ne sçauroit estre déterminé #. »
Pour éviter de prendre parti dans cette question où chacun reste maître d'exprimer son goût, Descartes ne classe point les consonnances d’après leur charme, mais d'après leur «excellence», et cette excellence lui est attestée par la qualité des proportions numériques qui les représentent.
Comme, dans l'unisson, il n’y a point de différence de hauteur entre deux sons, Descartes, avec Zarlino qu'il prend le plus souvent pour guide, en son Compendium, n’admet point l'unisson au