‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 36 sur 101 · Monatshefte d'Eitner · texte numérisé non relu

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prétend que les Français sont seuls à employer la quarte en leur musique !. Nous avons vu, d’ailleurs, qu'ils n'étaient pas unanimes. Il y a cependant quelque chose à retenir dans l’allégation de Titelouze, si l’on considère un cas particulier de la question, l'emploi, dans les compositions à plus de deux parties, de la quarte divisant « harmoniquement » ? la sixte majeure. Cette disposition forme l’accord de quarte et sixte, qui apparaît assez fréquemment chez les auteurs français du commencement du xvu siècle. Antoine de Cousu et Parran trouvent de telles combinaisons sonores chez Eustache du Caurroy, dans des œuvres écrites aux environs de 1600 5. Ils auraient pu remonter plus loin, et en découvrir dans les chansons de Guillaume Costeley, publiées en 1570 ". Titelouze, qui connaissait ce maître, manque donc encore d'exactitude quand il écrit, en 1623, que les musiciens français ont adopté cet usage de la quarte depuis quelque vingt-cinq ans Ÿ. Titelouze a peut-être, d’ailleurs, présenté ainsi, d'une manière incomplète et fautive, l'exposé de cette question, pour mieux faire valoir que lui-même tire habilement parti de la quarte, ressource nouvelle, et qu'il règle définitivement, avec art et ‘originalité, l’aftaire en litige. Ses pièces d'orgue contiennent, en effet, de nombreuses applications ingénieuses et peu communes de la quarte, et l’on conçoit qu'il ait tenu à prévenir ses lecteurs de l'importance des solutions qu’il avait imaginées. Aussi, doit-on lui pardonner d'avoir un peu exagéré quand, pour rendre la cause plus intéressante, il prétend que les Français y ont joué un rôle décisif, et que leur intervention est assez récente. Observons du reste que, pour lui, l’hésitation quant à la nature de la quarte n’est permise qu'à « ceux qui ne sont point versés aux nombres ». En traitant de ce qu'il appelle « un point du temps », il en revient donc à évoquer, comme Papius Gandensis, l’antagonisme des musi-

1. Avis au lecteur des Hymnes de l'Eglise, 1623 (Archives des Maitres de l'Orgue, publiées par M. A. Guilmant, I).

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