‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 37 sur 101 · Avis au lecteur des Hymnes de l'Eglise · texte numérisé non relu

Avis au lecteur des Hymnes de l'Eglise

ciens de théorie et des musiciens de métier. Mais, comme la science et la pratique lui sont également familières, il arrive à les concilier, nous montrant, par certaines formes de cadences, qu'il a deviné la fonction modulante des accords fondés sur la quarte !. À

Dans cette querelle fameuse, Descartes ne s’enflamme point. À son avis, laquarte est bien une consonnance, puisque lesnombresle déclarent, mais c’est une consonnanceinfirme, la plus malheureuse de toutes (omnium infelicissima)?. Jamais elle ne peut paraître dans les compositions, nisi per accidenset cum adjumento. Plus sévère que Zarlino, Descartes en interdit l'emploi à deux parties, et 1l condamne d'avance l'usage que Titelouze en fera, assurant qu'elle ne doit se produire primo et perse, hoc est inter bassum el aliam partem. Les causes pour lesquelles il la repousse sont d'ordre purement rationnel. D'abord, la quarte est « si voisine de la quinte, que, devant la suavité de celle-ci, toute sa propre grâce s'évanouit ». Voici pourquoi : si vous faites entendre une quinte, l’octave de la note la plus grave de cette consonnance sera perçue aussi, formant une quarte avec la note la plus élevée de la quinte proposée, et cette quarte apparaîtra comme une sorte de fantôme de la quinte, comme son image réfléchie, quasi umbra quintæ, quæ illam perpetuo comitetur. Si, d'autre part, on profère une quarte, la voix inférieure de cette quarte engendrera, par résonnance d'octave, une quinte avec la voix supérieure de l'intervalle formé. On aura donc voulu émettre une consonnance différente de la quinte, et voilà que, loin de varier la quinte, ce qui, pour Descartes, est la seule raison d'être des diverses consonnances *, on la répétera, mais affaiblie et comme défigurée, de sorte que l'oreille distinguera « très facilement qu’on l’a chassée de son rang et mise en une place inférieure, et la quarte en sera d'autant plus désagréable, étant offerte comme l'ombre pour le corps, où l'image pour l’objet lui-même ». Cette argumentation, basée à la fois sur un principe d'esthétique et sur une expérience de physique, serait très convaincante si, par malheur, Descartes n'avait oublié ici que le terme grave de la consonnance n’est pas seul accompagné d’une résonnance à l'octave, mais que Ja

1. Voir aussi les versets pour le Magnificat du même auteur (Archives des Maîtres de l'Orgue).

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