‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 39 sur 101 · De Musica Libri septem, p · texte numérisé non relu

De Musica Libri septem, p

3. Motet pour l’Ascension, O Rex gloriæ, édité dans la Musica divina de Proske, I, p. 169.

4. Tristis est anima mea (1605) édité par Proske (Musica divina, I, t. IV, p. 107, Ratishonne, 1863).

jeure !. Son compatriote Hubmeïer prétendait que la tierce était le plus parfait de tous les intervalles?. À quoi Sethus Calvisius répond que cette opinion est fausse et appartient au vulgaire, avouant cependant que, si les tierces et les sixtes ne peuvent être tenues pour des consonnances parfaites, elles peuvent toutefois communiquer à l’harmonie beaucoup de charme et de variété, étant comme ces ornements que l’on dispose sur les murailles, et qui font corps avec elles, non pour rendre plus solides les fondations de l'édifice, mais pour l’embellir #. Calvisius juge en même temps, ici, des tierces et des sixtes. Descartes réunit aussi, dans le même chapitre, ces diverses consonnances. L’examen qu’il fait du diton lui sert à préparer une classification logique de la tierce mineure et des sixtes. De la quinte divisée par la tierce majeure naît la tierce mineure, de même que la quarte provient de la division de l’octave par la quinte. La tierce mineure sera donc au diton ce que la quarte est à la quinte. Elle n'a de valeur que pour la variété qu’elle produit dans la musique. Quant aux sixtes, elles sont dues à la division de l’octave par les tierces. En vertu de cette loi qu'une note, s’accordant avec un des termes de l’octave, s’accorde inévitablement avec l’autre, loi qu’il a énoncée précédemment #, Descartes se voit tenu de les accepter parmi les consonnances, et de reconnaître comme recevable la sixte mineure, dont la proportion est fort imparfaite (=) et en dehors du « nombre senaire » 5. Dans l’Harmonie universelle, Mersenne consent aussi à mettre les sixtes au nombre des consonnances, bien qu’elles ne soient « guère bonnes 6 ». D'autre part, Descartes confesse, dans une lettre à Mersenne, que l’on peut bien dire « que, pour l'ordinaire, les üerces et les sextes sont plus agréables que la quarte 7 », mais, nous le savons, Descartes ne veut point confondre, pour les intervalles, l'agrément avec l'excellence, observant encore dans son traité sur L’Homme « que ce ne sont pas absolument les

1. Regina cæli (Anthologie de Ch. Bordes, liv. I des Motets).

2. Decas prima Disputationum Quæstionum illustrium (1611), quest. 12.

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