‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 42 sur 101 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Liber de Arte Contrapuncti. (édité par Coussemaker dans le 4° volume des Scriptores de Music medii ævi, p. 121). |

d’ailleurs par l'harmonie des autres voix, et implicitement prescrit, à cause de la note qui l’avoisine !.

Les septièmes et les neuvièmes appartiennent à cette catégorie de dissonances que les théoriciens appelaient dissonances per se ; les auteurs de traités citaient encore les dissonances per accidens. Descartes aurait pu examiner certaines de ces dissonances produites par altération, dans le paragraphe où il présente les tritons et fausses quintes. Il est permis en effet de considérer que les quintes augmentées et Les quartes diminuées sont formées, à peu de chose près, comme le sont, d'après Descartes, les fausses quintes et tritons. Si l’on diminue la sixte majeure do-la, en retranchant du ton mineur so/-la un demi-ton majeur, on obtient la quinte augmentée do-sol dièze et si l’on enlève de l’octave cet intervalle altéré, on trouve la quarte diminuée, intervalle qu’Artusi nomme, en 1603, un « intervalle difforme », mais que les compositeurs ont adopté déjà dans leurs accords et recevront bientôt dans leurs mélodies ?. Descartes se dispense peut-être de signaler ces dissonances pour éviter de se fourvoyer, en introduisant dans sa musique des notes haussées par le dièze, ou abaissées par le bémol: Il avoue, dans le chapitre précédent, qu'il ne se souvient pas bien exactement comment et pourquoi les dièzes élèvent les notes d’un demi-ton mineur, et il hésite de même au sujet des bémols *. Observons aussi que les musiciens français du même temps ont. pour les intervalles altérés fort peu de goût. Titelouze qui se vante pourtant d'employer de façon nouvelle « non-seulement quelques consonances, ains des dissonances » écrit en 1623 que les « octaves fausses, quinte superflue, quarte fausse et autres (dissonances), dont les proportions confuses sont fort esloignées des principes harmoniques, ne se peuvent supporter ny pratiquer “ ». Même moins étranger à l’exercice de la musique, Descartes aurait ainsi été très excusable de ne rien dire, dans son Compendium, de ces dissonances que les plus audacieux, en France, ne mentionnaient que pour les proscrire.

1. Voyez, par exemple, dans ses Fantaisies de 1610, la fantaisie à 4 voix sur le Salve Regina (n° 13).

2, L'Artusi, overo delle imperfettioni della moderna musica (2° partie, 1603, p. 9). Après Gabrieli, H. Schütz l’emploie dans ses accords et dans ses motifs.

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