‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 45 sur 101 · Compendium, p · texte numérisé non relu

Compendium, p

à. Istitutioni harmoniche, TI, chap. xxvu.

3. Cité par M. Hugo Riemann dans sa Geschichte der Musiktheorie (1898), p. 329.

4. Pour Zarlino, comme pour Zacconi, ces mots antichi musici désignent bien souvent des auteurs qui ont écrit un siècle à peine avant eux.

el

overo imperfetta, percioche intravengono le Pause in una delle partil. Autrement dit, quand le compositeur écrit en style fugué, il est libre d'accompagner la première note de l’entrée de la seconde voix d'une consonnance parfaite ou d’une consonnance imparfaite. Dans le Compendium, Descartes s'est souvenu de cette explication de Zarlino, mais il en rédige un résumé très imparfait. Soucieux de fournir la raison des règles qu'il pose, il remonte aux principes et, chemin faisant, perd de vue les conséquences qu'il devrait en tirer. S'il convient, d’après lui, de commencer par une des consonnances « les plus parfaites » c'est qu’ainsi l'attention sera plus fortement excitée que si l’on entendait, au début, « quelque consonance froide. » Ceci est fort Juste, si l’on considère, avec Descartes, que les conson- : nances les « meilleures » sont celles qui doivent frapper l'esprit avec le plus de force. Ce qu'il énonce ensuite est encore très exact, quand il affirme que l'on peut excellemment commencer par laisser chanter une voix seule « car, après que la voix qui débute a été entendue, la seconde voix parvient aux oreilles à l'improviste, et sa nouveauté nous invite très puissamment à faire attention ». Mais, de cette dernière observation, il ne conclut pas que la première consonnance produite par les deux voix pourra être quelconque, comme l’assure Zarlino, et il n’ajoute pas non plus une autre remarque du maître italien qui, tout en admettant que la première consonnance soit imparfaite, quand les voix entonnent successivement exige, cependant que la première note de la seconde voix soit, avec la première note de la voix qui chante d’abord, en relation de consonnance parfaite ou de quarte, de sorte que le commencement se rapporte aux cordés fondamentales (tonique ou dominante} du mode auquel appartient la composition. De toutes ces observations, Descartes ne garde que quelques mots. Aussi, tout en donnant une bonne exphcation du plaisir que l’on prend à la musique fuguée, n’exprime-t-1l point nettement qu'il parle de cette forme d'art : il reste obscur, et risque de ne pas être compris.

Page 1