‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 53 sur 101 · Istitutioni harmoniche, III, chap. xxxvinr · texte numérisé non relu

Istitutioni harmoniche, III, chap. xxxvinr

Compendium, est-il forcé d'avouer son incapacité de traiter à fond la question du passage d’une consonnance à l’autre. Verum jam dicta regula variat frequenter, neque jam possum meminisse ad quas consonantias a quibuslibet et quibus motibus deceat pervenire: hæc omnia pendent ab experientia et usu practicorum, quo cognito facile rationes omnium, et subtiles a jam dictis deduci posse eæistimo, et olim deduxi multas : sed jam inter peregrinandum evanuerunt !. Mais cette confession est incomplète. Ce qui lui manque, pour déduire, en ce chapitre. de « subtiles raisons, » ce n’est peut-être pas tant l'expérience, ou l’usage, que le sentiment inné de la musique. Un tel don l'aurait préservé de toutes les défaillances de sa mémoire, et aurait suppléé, en grande partie, à l'absence de métier, et il nous resterait sans doute de lui de précieuses analyses. La médiocre intelligence de Mersenne, ce «& bon larron ? » dont les œuvres sont nourries et éclairées des recherches et des idées de ses amis, a cependant été servie par une assez grande intuition artistique, pour que le satirique Gantez lui accorde-une certaine habileté à démontrer les principes de la musique, écrivant : « Le père Mercene diroit mieux les raisons d’un motet qu'il ne sauroit les faire * ». S'il lui avait fallu examiner une œuvre de près, et la juger, Descartes aurait donné le change par des déclarations vagues et des remarques générales et, en définitive, comme il le dit, n'aurait avancé que des conjectures;

Commencée par une consonnance parfaite, la composition doit finir aussi par une consonnance parfaite. Quand il établit cette règle, Zarlino se souvient, pour la fonder, d’un passage de Franchinus Gafor qui a déclaré que, en toutes choses, perfectionem... terminationibus attribuunt*. Descartes veut aussi que, « à la fin de la composition, les oreilles aient telle satisfaction, qu'elles n’attendent rien de plus, et s’aperçoivent que l’œuvre

1. Compendium, p. 29. Un peu plus loin, Descartes renvoie, sur ce sujet, à Zarlino : 1dem (Zarlinus) etiam häbet tabulas generales in quibus explicat, quæ consonantiæ post quamlibet aliam in totä cantilend possint poni, quorum omnium rationes nonnullas affert, sed plures opinor,et magis plausibiles ex nostris fundamentis possunt deduci.

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