‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 54 sur 101 · Practica musicæ (1496), liv. III, chap. ur · texte numérisé non relu

Practica musicæ (1496), liv. III, chap. ur

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est achevée (perfectam esse cantionem). » On arrive très bien à ce résultat, à l’aide de certaines séries de sons qui se terminent toujours par une consonnance très parfaite, ajoute Descartes. Ces tonorum ordines sont appelés cadences par les praticiens, dit-il encore. Harum cadentiarum omnes species fuse Zarlinus enumerat. Comme dans tous les cas où il évoque la pratique, Descartes abrège ici à l'extrême. Zarlino définit ainsi la cadence qui, à son avis, est une des plus belles choses qui se trouvent dans les « cantilènes » : La Cadenza adunque è un certo atto, che fanno le parti della cantilena cantando insieme, la qual dinota, 0 quiete generale dell Harmonia, Ô la perfettione del senso delle parole, sopra le quali la cantilena è composta. Overamente potiam dire, ch’ ella sia una certa terminatione d’una parte di tutto’ l concento, et quasi mezana, 0 vogliamo dire finale terminatione, Ô distintione del contesto dell’Oratione !. S'inspirant de cette définition, Sethus Calvisius écrit : Quemadmodum in oratione, etiamsi omnia, quæ ad bonitatem ejus requiruntur, et quæ ad docendum, delectandum, et movendum auditorem faciunt, adfuerint, atque abundaverint : nisi commalis, cols, et periodum comprehensionibus distinguatur, et exornetur, confusus oritur sensus, et incertus ab ore disserentis pendet auditor : Ita in harmonia, etiamsi omnia quæ hactenus tradita sunt, ad amussim observentur : tamen nisi clausulis in partes quasdam harmonia quasi secetur, et distinguatur, confusus exoritur concinentium, occinentium, intercinentiumque clamor, el aurtbus pariter atque animo offertur lassitudo. Quod enim distinctiones et numeri oratorii in sententiarum comprehensionibus præstant orationi, id clausulæ conferunt Harmoniæ ?.

Descartes n’a pas été tenté de comparer, comme Calvisius, les cadences de la musique aux « cadences » qui divisent les phrases et les périodes du discours. Il évite tout ce qui le retiendrait, et l’engagerait dans une dissertation au sujet de la cadence. Il craint sans doute de faire, à ce propos, quelque déclaration aventureuse. Zarlino ne s'est pas contenté, en effet, d'affirmer que la Cadenza è di {anto valore nella Musica, quanto é il Punto nella Oratione. Dans ses observations sur les cadences, il touche à un point que Descartes, dans le Compendium, se refuse toujours à étudier. Nous lisons dans son chapitre della

1: Istitutioni harmoniche, II, chap. ur. p. 260. 2. Melopæia, Erfurt (1592), chap, xur.

cadenza que les formules de cadence, composées de trois notes, se peuvent placer en tout lieu, et que la cadence doit toujours se résoudre par un demi-ton, même sans qu'on l'indique par un signe chromatique. Il va jusqu'à dire que la Natura hà provisto in simil cosa; percioche non solamente 1 periti della Musica, ma anco icontadinic, he cantano senz alcuna arte, procedono cantando à questo modo per l’intervallo del semituono !. Or nous savons que, dans le chapitre de Gradibus, Descartes, citant les dièzes, a la franchise de nous révéler qu’il n’a pas un souvenir assez précis de ce que ces signes produisent. Il ne croit guère non plus aux lecons de la nature qui, dans ce cas, enseignerait au dernier des paysans à se servir d'intervalles dont l'usage, à lui Descartes, paraît si compliqué. Aussi comprend-on que, voyant dans Zarlino que les cadences étaient constituées d’éléments insaisissables pour lui, il se soit borner à les mentionner, renvoyant pour le reste à l’auteur italien, non sans avoir, à la fin du paragraphe, l’habileté de laisser entendre qu'en somme, il en sait plus long que celui auquel, pour abréger, il adresse le lecteur. AE x" x

Les règles de composition présentées par Descartes doivent être observées, dit-il, dans le contrepoint à deux voix, et même à plus de deux voix, mais seulement dans le contrepoint simple, sans broderies ni passages (non diminuto nec ullo modo variato). Dans les compositions de style plus fleuri, beaucoup des préceptes qu'il a donnés sont moins strictement suivis. Il le montrera plus loin. Auparavant, il lui paraît opportun de traiter des quatre voix « qui, de coutume, sont employées dans la musique ». Bien que, parfois, l’on rencontre des compositions écrites à plus de quatre voix, ou formées de moins de quatre parties, illa {amen videtur esse perfectissima el maxime usilala symphonie quæ conflatur ex quatuor vocibus. Zarlino avait dit de même : 7 Musici nelle lor cantilene sogliono il più delle volte porre quattro parti, nelle qual dicono contenersi lutta la perfettione dell harmonia?. Cependant, quelques-uns prônent encore l'écriture à trois voix où l'on trouve la substance même de toutes les alliances de notes

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