Istitutioni harmoniche, I, chap. Lvu
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consonnantes. En 1612, Joannes Lippius de Strasbourg parle avec une sorte d'enthousiasme mystique de la «triade musicale » : Trias harmonica simplex et recta radix vera est unitrisona omnis harmoniæ perfectissimæ plenissimæque quæ dari in mundo potest, sonorum etiam mille et millies mille, qui omnes referri posse dehent ad partes ejus in unisono simpliciet composito, magni istius mysterit divinæ solum adorandæ unitrinitatis imago et umbra (an ulla luculentior esse possit, nescio)!. Mersenne, dans un style moins solennel, remarque aussi que «l’une des principales raisons pourquoy trois parties suffisent dans la musique, se doit tirer de ce qu’elles peuvent faire la variété de tous les accords, de ce que les octaves ne varient pas les unissons, et de ce qu'elles comprennent toujours deux raisons de différente espèce, dont leur analogie ou proportion est formée, que l'on appelle ordinairement Harmonie parfaite... de sorte que la quatrième, cinquième, et sixième voix recommencent, ou redoublent et multiplient seulement la mesme harmonie ? ». Hse trouvait d’ailleurs, à la même époque des musiciens ou des amateurs qui, les uns par amour du contrepoint limpide, les autres par goût pour les passages que nulle complication n’alourdit,. préféraient, à toute autre espèce de composition, la sèche élégance ou la frivolité des pièces à deux voix seulement. Mersenne le constate dans l'Harmonie universelle (1636) : « L'on tient que Claudin le Jeune ayant monstré de ses pièces de musique à cinq, six et sept voix aux maistres de Flandre et d'Italie, qu'ils ne voulurent seulement pas le regarder, et qu’il n'eut point d'audience qu'après avoir composé à deux parties, auxquelles il réussit si mal, qu'il avoua luy-mesme qu'il n’entendoit pas la vraye composition de la musique ?. » D'autre part, Mersenne parle de « ceux qui jugent en faveur de certains organistes qui jouent des duos, lesquels sont plus estimez par les ignorans que les trios ou les pièces à plusieurs voix des autres organistes, quoyque mieux faites, et plus sçavantes, comme on l’a remarqué depuis quelque temps à Paris, où un certain organiste attiroit tout le monde après soy pour entendre les duos qu'il jouoit d’une grande