‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 58 sur 101 · II, chap. xur · texte numérisé non relu

II, chap. xur

4. Anthologie de Ch. Bordes. Stadelmayer emploie ce procédé dans ses Introiït (1625). .

5. Voir les Mémoires concernant l'Histoire d'Auxerre, de lab. Lebeuf, 1859 (II, p. 189). En 1588, à l’église Saint-Jean de Rouen, Georges Parnuict, joueur d'instruments fut chargé de sonner « de la sacqueboute en la partie de basse-contre » aux fêtes de Noël, pour suppléer au défaut des voix (Archives de la Seine-Inférieure, G. 6.728). A la Cathédrale de Bordeaux, en 1602, on désigne expressément «ceux qui tiennent les orgues et le basson » (Archives de la Gironde, Gx. 291). En 1607, à Avallon, on paie 30 sous à Jean Gros, organiste, « pour avoir fait un cornet d’estain duquel se sert messire Pierre Guérin à chanter la basse » (Archives de l'Yonne, G. 2153). Mersenne fait aussi allusion à cette coutume d'employer des instruments pour donner plus de force à la

ganistes, « pour mieux former l’intonation au chœur », jouent, dans le premier verset des hymnes, « le plain chant à la Bassecontre » écrira Titelouze en 1623 !, faisant allusion à une coutume à laquelle se soumet déjà Cabeçon, dans un Ave maris stella publié en 15782. Dans son Arte del Contrapunto (1598), Artusi, considére la basse comme la partie que l'oreille découvre et perçoit le mieux ?. C’est enfin une élégance d’ exécution, dans les chœurs bien exercés, que de ue la basse, deux ou quatre mesures après que les autres voix ont cessé #.

La prépondérance de la basse, dans l’harmonie, se déclare encore vers la même époque, par l’apparition du procédé dit de la basse continue, ou basse chiffrée ÿ

En interprétant Zarlino, et en insistant sur la propriété de la basse qui renferme en puissance les sons aigus, Descartes est donc entièrement d'accord avec les musiciens de son temps. Dans ses observations sur l'emploi de la basse, il donne aussi des préceptes analogues à ceux que l’on trouve dans les livres de théorie de cette période. Zarlino, qui remarque toujours avec une admirable clairvoyance les principes de la belle sonorité, écrit dans ses Jstitutioni : Quando duünque il Compositore componerà il Basso della sua compositione, procederà per movimenti alquanto tardi, et separati alquanto, over lontani più di quelli che si pongono nell'altre parti$. Descartes dit aussi : Hæc(vox)aulem sæpe non per gradus, sed etiam per saltus solet incedere T. Nous lisons encore dans des lettres à Mersenne, que la basse a coutume d'aller par de grands intervalles 8, et que, pour elle, le saut de la quinte n’est pas plus que, pour le dessus, celui de la tierce, « ce qui est, ce que semble, fort aysé à juger, sur ce que la basse va naturellement par plus grands intervalles que le dessus, de mesme que, pour ce qu’un homme va naturel-

partie grave, « car les chantres qui ont des basses assez creuses sont fort rares » (Harmonie universelle, liv. V du Traité des instruments, p: 278).

Page 1