Istitutioni harmoniche, II, chap. xxxxI
nance, met dans les cadences une délicieuse inquiétude, et des retards d’une ambiguïté captivante : aussi les y emploie-t-on
généralement quia magis placet, quod diutius expectatum
tandem accedit, ideoque sonus, post auditam dissonantiam, in perfectissimä consonantià vel unisono, melius quiescit. Pour obtenir plus complètement ce repos, à la fin de la composition, il faut choisir la consonnance dans laquelle les sons s'unissent le plus complètement. Præterea advertendum, audilui magis satis-
fieri in fine per octavam, quam per quintam, et omnium optime
per unisonum, non quia quinta illa non sit gratissima in ratione consonandi, sed quia in fine spectare debemus ad quietem, quæ major reperilur ih illis sonis inter quos est minor differentia, vel nulla omnino, ut in unisono. Ici, comme dans l’explication des diminutions et des syncopes, Descartes, qui nous avait annoncé l'étude des compositions à quatre parties, en reste évidemment encore aux compositions à deux voix seulement, Il va d’ailleurs compléter en quelques mots les trop brèves indications quil a
fournies plus haut sur les cadences, dans ses règles du «simple ,
contrepoint ». Il observe, en effet, que non seulement le repos auquel on arrive par la cadence est agréable à la fin des compositions, mais que, de plus, in medio cantilenæ, hujus cadentiæ fuga non parvam affert delectationem. Nous savons, par Zarlino, que l’une des manières de « fuir la cadence » est de la terminer autrement que par l’octave ou par l’unisson, ce qui la rend imparfaite : Qualunque volta alcuna cadenza non finirà nella Ottava, over nell’Ünisono, si potrà chiamare imperfetta, perche si fugge il fine perfetto!. Descartes fait donc ici une allusion aux cadences imparfaites, dont il n'avait rien dit auparavant.
Dans le dernier des six préceptes d’après lesquels, dit Descartes, « 1l faut se guider pour composer avec quélque élégance », parait la règle d'enfermer «toute la composition, et chaque voix en particulier, dans des limites déterminées, que l'on appelle modes. » Mais cette prescription est seulement formulée en ce lieu, sans commentaire, et Descartes annonce que, plus loin, il traitera des modes. Le dernier chapitre du Compendium est consacré à