A. Baillet, La Vie de M. Descartes, p
Quod naturaliter observant cantores et qui ludunt instrumentis, præcipue in cantilenis, ad quarum numeros solemus saltare et tripudiare : hæc enim regula ibi servatur, ut singulis corporis motibus, singqulas musicæ battutas distingquamus, ad quod agendum etiam naturaliter impellimur a musicà !. Tabourot semblait cependant ne pas reconnaître aux instruments et aux voix une suffisante énergie rythmique, disant, au sujet des « pavanes et basses-dances » : « On les peut jouer avec violons, espinettes, fluttes traverses et à neuf trous, haulbois et toutes sortes d'instruments ; voires chanter avec les voix : mais le tambourin ayde merveilleusement, par ses mesures uniformes, à faire les assiettes des pieds selon la disposition requise pour les mouvements ?. »
Descartes veut donner la raison de cet effet des temps accentués sur notre organisme : Certum enim est sonum omnia corporà circumquaque concutere, ut advertitur in campanis et tonitru, cujus rationem physicis relinquo : sed quum hoc in confesso sit et, ut diximus, initio cujusque mensuræ fortius et distinctius sonus emittalur, dicendum est etiam illum fortius spiritus nostros concutere a quibus ad motum excitamur. Cette impression que le son rythmé produit sur les êtres vivants est assez forte pour que, dit Descartes, les animaux mêmes la ressentent, et en soient ébranlés. Unde sequitur etiam feras posse saltare ad numerum si doceantur et assuescant, quia ad id naturali tantum impetu opus est.
Si la force du rythme est capable de diriger jusqu'aux bêtes, la proportion du rythme suffit à notre plaisir, ut patet in tympano instrumento bellico, in quo nihil aliud spectatur quam mensura, quæ ideo opinor ibi esse potest non solum duabus vel tribus partibus constans ; sed etiam forte quinque aut septem alusque. Cette complication du rythme est moins impénétrable, quand l'esprit n’est point astreint à mesurer, et les rapports de temps, et les rapports de hauteur des sons. Quum enim in tali instrumento sensus nihil aliud habeat advertendum quam tempus, idcirco in tempore potest esse major diversitas, ut magis sensum occupet. Par ces dernières observations sur le rythme, Descartes nous rappelle que son traité de musique fut écrit en un temps où 1l lui était facile d’expérimenter à loisir les propriétés du