Ibid, p
3. loannis Keppleri Harmonices mundi libri V, 1619, p. 75. 4. Magnum opus musicum, n° 263.
mune, quant aux tierces et aux sixtes. Dans u une lettre à Mersenne, il est moins aflirmatif : « On ne sçauroit déterminer absolument qu'une consogance soit plus agréable que l’autre. On peut bien
dire toutefois que, pour l'ordinaire, les tierces et les sextes sont.
plus agréables que la quarte; que, dans les chants gays, les tierces et sextes majeures, sont plus agréables que les mineures, et le contraire dans les tristes, etc., pour ce qu'il se trouve plus d'occasions où elles peuvent y estre employées agréablement !. » Ainsi, il ne décide plus en cette question avec la même assurance qu'autrefois. Dans une autre lettre à, Mersenne, il semble repousser entièrement l'interprétation que l’on fait du caractère des consonnances, écrivant : « Je ne connais point de qualités aux consonances, qui répondent aux passions ? ».
Il rejette ainsi, en 1630, ce qu’il tenait pour juste en 1618, et ce qu'il paraît approuver de nouveau, avec quelque hésitation toutefois, en 1631 3. A le voir ainsi se contredire et rester dans l'incertitude, on comprend pourquoi il n’a pas cherché à compléter ce qu'il énonce avec tant de brièveté dans le Compendium aux sujet des propriétés expressives des consonnances. Il avait cependant, à la fin de ce traité, esquissé le plan d’une étude minutieuse des effets de la musique : Ef jam quidem sequerentur ut de singulis animi motibus, qui a musicâ possunt excitari, separatim agerem, ostenderemque per quos gradus, consonantias, tempora et similia debeant illi excitari, sed excederem compendii institutum®. Mais il jugea bientôt, sans doute, que cette recherche était vaine. Comment établir d'avance que telle harmonie, que tel rythme auront, sur les esprits, une action précise, universelle et constante? « Pour déterminer ce qui est plus agréable, il faut supposer la capacité de l’auditeur, écrit-il à Mersenne le 30 janvier 1630, laquelle change, comme le goust, selon les personnes 5. » Le 18 mars de la même année, il déclare encore au même correspondant : « La mesme chose qui fait envie de danser à quelques-
uns, peut donner envie de pleurer aux autres. Car cela ne vient
que de ce que les idées qui sont en nostre mémoire sont excitées :