Correspondance, I, p
comme, ceux qui ont pris autrefois plaisir à danser lorqu’on jouoit un certain air, si-tost qu'ils en entendent de semblable, l'envie de danser leur revient ; au contraire, si quelqu'un n'avoit jamais ouy jouer des gaillardes, qu'au mesme temps il ne luy fust arrivé quelque affliction, il s’attristeroit imfailliblement, lorsqu'il en oiroit une autre fois. Ce qui est si certain, que je juge que, si on avait bien fouetté un chien cinq ou six fois, au son du violon, si-tost qu'il oiroit une autre fois cette musique, il commenceroit à crier et à s'enfuir !. » Aucun des éléments de la musique n'a donc plus pour Descartes de valeur absolue, au point de vue de l'expression. Il refuse même au rythme d’avoir un pouvoir certain, puisqu'il prétend que les danses les plus vives n’ont point d'infaillible efficacité. Dans le Compendium, il admettait cependant que le mouvement de la musique agissait sur notre âme : Quod autem attinet ad varios affectus, quos varià mensurâ musica potest excitare, qeneraliter dico, tardiorem lentiores etiam in nobis motus excilare, quales sunt languor, tristitia, metus, super bia, etc ; celeriorem vero etiam celeriores affectus, qualis est lætitia, etc...Sed hujus rei magis exacta disquisitio pendet ab exquisilà cognitione motuum animi, de quibus nihil plura ?.