‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 80 sur 101 · PONT, S · texte numérisé non relu

PONT, S

art où tant de choses restaient pour lui confuses et énigmatiques.

Malgré ces incertitudes, et bien qu'il eût, en définitive, renoncé à disserter sur les effets de la musique, Descartes ne s'était jamais refusé à étudier de près les questions relatives à l'expression musicale. À la fin de 1629, il avait encore l'intention d'écrire sur ce sujet ; nous lisons en eflet dans une lettre à Mersenne (18 décembre 1629): « Pour la musique des anciens, je croy qu'elle a eu quelque chose de plus puissant que la nostre, non pas pour ce qu'ils estoient plus sçavans, mais pour ce qu'ils l’estotent moins : d’où vient que ceux qui avoient un grand naturel pour la musique, n'estant pas assujettis dans les règles de nostre diatonique, faisoient plus par la seule force de l'imagination que ne peuvent faire ceux qui ont corrompu cette force par la connoissance de la théorie. De plus, les aureilles des auditeurs n'estant pas accoustumées à une musique si réglée, comme les nostres, estoient beaucoup plus aysées à surprendre. Si vous voulez prendre la peine de faire un petit recueil de tout ce que vous avez remarqué touchant la pratique d’aujourd'huy, quels

passages ils approuvent ou désapprouvent, Je seray bien ayse

d'employer trois ou quatre chapitres de mon traité pour en dire ce que je sçauray, et n'y désavoueray pas ce que je tiendray de vous. Mais je ne voudrois point que vous prissiez la peine de me l'envoyer de huit ou dix mois, car je ne seray pas si tost là, et cependant je ne me pourrois empescher dé le voir, et j'ay trop de divertissemens : je vais commencer à estudier l'anatomie !. » Mersenne lui avait sans doute demandé son avis sur l’art antique, auquel les historiens attribuent un pouvoir extraordinaire sur le cœur humain. Depuis longtemps, ce problème préoccupait le père minime. Dès 1622, il interrogeait Titelouze, ARE de Rouen, qui lui répondait, le 2 mars de cette année : « Touchant la puissance de la musique des anciens sur toute sorte ; passions, dont leurs livres nous disent des merveilles, nous n'en pouvons apprendre les moyens par eux, parce qu'ils ne nous ont pas laissé par escrit des pièces faites pour nous servir d'exemplaires à les imiter?, » On en était ainsi réduit à des conjectures, poursuit

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