‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 82 sur 101 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Qu f … Ne Er

plusieurs, pour suppléer au genre chromatique et à l’enharmonique, surtout quand nos musiciens y emploient des semi-tons mineurs et des dièzes », En dernier lieu, Mersenne désire que le compositeur soit d'une culture générale fort approfondie, ayant des lumières de tout, depuis la médecine, la philosophie, l’histoire, la géographie et l'astronomie, jusqu'à la théologie, surtout la théologie morale. Aïnsi formé et ainsi dirigé, il ne reste plus à l'artiste, pour être digne de se mesurer avec les anciens, que de se montrer vertueux et bon chrétien !.

Ce programme, où l'étrange et le judicieux se mêlent si singuhèrement, devait paraître assez complet à Mersenne, pour qu'il s'abstint de rédiger, à l’usage de Descartes, une espèce de «somme musicale ». À la vérité, Descartes demandait des renseignements positifs sur l’état de la musique, et Mersenne, ici, ne parle guère que de ce qu'elle devrait acquérir, et non de ce qu'elle possède. Peut-être, aussi, le père minime Jugeait-il que de telles indications pouvaient suffire à son ami qui, pendant ses voyages, et même lorsqu'il séjournait à Paris, avait dû s'instruire par expérience de ce que les musiciens de son {emps essayaient d'’inventer, pour restituer à la musique cette puissance que les écrivains de l'antiquité avaient si souvent célébrée. La lecture de Zarlino l'avait assez bien préparé à juger de ces efforts. Dans la seconde partie des Jstifutioni, le maître de Chioggia, cherchant pourquoi la musique des anciens a si merveilleusement agi sur les hommes, observe que «leurs compositions n'étaient point écrites à tant de parties, ni leurs concerts formés de tant de voix, ainsi qu'à présent, mais que le musicien accompagnaiït simplement sa voix au son d'un seul instrument, cioè di un Piffero, o di Cetera,o di Lira. note aussi que, de son temps, la récitation d’une « docte et élégante poésie, au son d’un instrument » a profondément touché les auditeurs ?, tandis que, avec la multitude de chanteurs et d’instrumentistes que l'on emploie généralement, non si ode altro che un strepito de voci mescolate con diversi suoni, et un cantare senza alcun giuditio et senz®discrettione, con un disconcio proferir di parole ; che non si ode altro che romore : onde la musica in lal modo essercitala non pu fare in noi effetto alcuno, che sia degno di memoria. Il convient de réciter de longs discours que l’on entendra

Page 1