‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 83 sur 101 · Istitutioni, 11, chap. 1v · texte numérisé non relu

Istitutioni, 11, chap. 1v

distinctement, plutôt que ces brèves paroles qui font la matière des Madrigali d'aujourd'hui, charmants, mais sans force. Certainement, la musique est plus agréable encore quando è semplice, che quando è fatta con tanto arteficio, et cantata con molte parti: dans les chants à plusieurs voix, du reste, on peut voir que l’on prend plus de plaisir à écouter ces compositions, le cui

parole sono da i cantori insieme pronunciate, che le dotte compo-

sitioni, nelle quali si odono le parole interrotte de molte parti"

Que Descartes ait pris garde à de telles remarques, on n'en saurait douter, puisque, dans le Compendium, il avoue que, à vrai dire, les «fugues, imitations et semblables recherches » peuvent avoir quelquefois beaucoup d'élégance en certaines parties de la composition, mais qu'il n'admet point ces contra-puncta artificiosa, ut vocant, in quibus tale artificium ab initio ad finem per- petuo servatur : illa non magis arbitror ad musicam pertinere

quam acrostica aut retrograda carmina ad poeticam,, quæ ad

motus animi excitandos est inventa, ut nostra musica ?. Par ces derniers mots, où il condamne les subtilités inutiles de l'art, Descartes se rapproche non-seulement de Zarlino, mais de tous les penseurs, qui, à la fin du xvr° siècle, repoussent les vaines complications et les insignifiantes difficultés de la musique polyphonique. Il n'était pas ignorant de ces critiques. Le Dialogo… della musica antica (1581) de Vincent Galilée, l'ennemi des contrapuntisti, lui était connu. Dans le Solitaire second ou Discours de la Musique de Pontus de Tyard (1587), il avait pu voir que le « phonasce » l'emporte sur le symphonete : « Car, si l'intention de la musique semble estre de donner tel air à la parole, que tout escoutant se sente passionné et se laisse tirer à l'affection du poète, celuy qui sait proprement accommoder une voix seule me semble mieux atteindre à sa fin aspirée : vu que la musique figurée, le plus souvent, ne rapporte aux oreilles autre chose qu'un grand bruit, duquel vous ne sentez aucune vive eflicace. Mais la simple et unique voix, coulée doucement, et continuée selon le devoir de sa mode, choisie pour le mérite des vers, vous ravit la part qu’elle veut‘. » Le jésuite Blancano,

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