Baillet, ouvr. cité
voix!, D'autres musiciens, comme Sixte de Lerchenfels, de Prague, ne voient qu'un charme de plus dans cette adjonction des” instruments qui complètent l’harmonie?. Enfin, un maître tel que Heinrich Schütz, trouve, en 1619, dans ce mélange des sonorités d'orchestre avec le discours modulé des voix, les éléments d'un commentaire coloré et émouvant qui prolonge et multiplie l’eftet des paroles, nettement articulées et ingénieusement traduites par le chanteur, in stylo recitativo ÿ.
En Italie, à la fin de 1624 et au commencement de 1625, Descartes déni assister à l'épanouissement des nouvelles formes expressives. Si, absent de Paris lors des représentations de Giovanni Battista Andreini (1622), il avait été privé de voir Thalie, dans la Centaura, paraître sur le théâtre au son di trombe sorde, et di tamburi discordi, d'entendre l’organo di legno in suon mesto, préludant aux vers qu'elle avait à chanter, s'il n'avait pu considérer il Dio Pane, que les flûtes annonçaient, ni le Sagit{ario qu'évoquait la sinfonia di stridenti regali, si les trompettes du prologue n'avaient point retenti devant lui, il n’avait rien perdu, puisque, de Venise à Rome, puis de Rome à Turin, il pouvait traverser les villes où les maîtres dans l’art de moduler des paroles déclamées, avaient accordé, au théâtre et à l’église, les prémices de leur génie. C'est à Venise que le sénateur Mocenigo fit jouer, en 1624, dans son palais, le « combat de Tancrède et de Clorinde » composé in stilo rappresentativo par Claudio Monteverde, l'auteur de l’admirable lamento d’Arianna et de l'Orfeo (4608) Ÿ. A Lorette, où Descartes passe après avoir quitté Venise, on entendait les motets à une ou à deux voix, avec orgue, du maître de chapelle Lorenzo Ratti 6, et d'Antonio Cifra, au style agréable et simple 7. À Rome, Hieronymus Kapsberger venait de publier (la dédicace est d’avril 1624) sa musique pour les poésies
1. Mettenleiter cite cette Mer dans sa Musikgeschichte der Oberpfalz, 1867, p. 29.