bidem
Les
D ORDER RP Ne ETES PROS TP PRET
DESCARTES ET LA MUSIQUE ii
aptatarum. Nam sisolitaria vox cantando aures tangere, mentem afficere nequit, neutiquam concentus plurium vocum id efficiet simul, quod nequeunt voces singulæ 1.
Quelques mois plus tard, il déclarait encore à Mersenne sa volonté de donner aux artistes des préceptes bien fondés, et absolus. Il revient d'ailleurs sur les causes de son entreprise : Unicus meus scopus est musicam a catholicâ, apostolicà et romanä Ecclesià instituere, vel restituere, eo modo ut vox legenti quam cantanti vicinior apparens (quod olim sancti Patres volebant) et in concentum multipliciter veniens, justâ verborum ac syllabarum pronunciatione, per necessaria intervalla, non casu assumpta, erque numero ac tempore musical, accentui oratorio aplatis, distincta, aures sensibiliter ef animum intelligibiliter afficiat. Quod hactenus ubique desideravi ?
Tandis qu'il informait ses correspondants de ses intentions, il faisait part à Descartes du résultat de ses efforts. Par une lettre à Guilaume Boswell, il nous apprend que, au commencement de l'année 1638, il l’avait invité à écouter chez lui un concert de voix et d'instruments. Admiralus est et laudavit : et sponte in hâc palæstrâ currenti addidit animum, rogans ut chromaticam diatonicæ immixtam novâ ist4 inventione depromptam deinceps excolere non gravaret. Hunc in finem tradidit mihi systema diapason ac divisionem octavæ *, On le voit, la question des intervalles chromatiques préoccupait toujours Descartes: dans sa Jeunesse, mal assuré de la valeur des signes d’altération, il n'avait pas osé en parler ; plus tard, il ne consentait à les admettre que si les accords où on les employait gardaient une pureté absolue, et il proposait le plan d’un &instrument parfait * ». En dissertant avec lui sur ce sujet, Ban pouvait reconnaître qu'il s'était adressé à un homme rerum naturalium et mathemalicarum perilissimo, comme il le dit lui-même. Mais il voulait encore savoir son avis sur une autre question, qui tenait à la subtance de sa réforme. Il lui avait demandé ce qu'il pensait de la puissance expressive des
1. Cité dans l'édition de la Correspondance de Constantin Huygens, publ. par Jonckenbloet et Land.
2. Bibl. nat., ms. nouv. fr. 6206, f° 59 a. (La lettre a été écrite le 12 des cak d’oct. 1638.)