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nobis dicitur) modulandos, expeditiori vià luculentissime demonstrem !.
On pourait conclure de ces lettres que Descartes était surtout attiré vers les essais de Ban par ce qu'il y avait de purement scientifique dans l'application de sa nouvelle méthode. Ban était allé jusqu'à prier des professeurs de l'université de Leyde de l'hider à reconnaître si l’homme pouvait émettre tous les sons du «système parfait ». Experientiam istius rei viris clarissimis Golio et Falcoburgio?, anatomica subsidia mihi præbentibus, ad oculum ostendi. Enfin, il fallait compléter les instruments. Nous savons que Descartes avait communiqué à Huygens le projet d’un ins- trument parfait. Ban avait adopté la division de l’octave en dix-huit parties Ÿ. Il déclarait à Huygens que cet accroissement devait être partout réalisé : Deinde vero etiam organa, cymbala, testudines chelesque atque alia instrumenta üsdem plane harmonicis gradibus intervallisque instrutta, voci ad amussim respondentia, fabricari poterunt, ut nihil sit quod flexanimæ musicæ deesse queat. F
En aidant Ban par ses calculs, Descartes travaillait donc à l'établissement de cette musique dont la vertu expressive dépendait avant tout de la nature des intervalles. Bien que la détermination et la réalisation de ces intervalles dussent être pour lui l'affaire principale, il serait pourtant difficile d'admettre qu'il ne poussait Ban à continuer ses recherches sur la musique « flexanime », que pour avoir l’occasion de faire passer dans la pratique l'usage des accords mathématiquement justes. Nous avons vu quil trouvait de l’art et de la beauté dans ses airs ?. Mais en appréciait-il vraiment les intentions pathétiques ? Etait-il même capable de les discerner ? Ses hésitations, son embarras chaque fois qu'il parle, non plus de l'échelle enharmonique instituée par le calcul, mais de l’usage même des signes d’altération, nous laissent soupçonner qu'il en percevait difficilement l'effet. Et nous savons d’ailleurs que, à son avis, beaucoup de
1. Jonckenbloet et Land, Corresp. de Const. Huygens.(1? des cal. de nov. 1639.)
2. L'un était professeur de mathématiques, l’autre d'anatomie.