Bibl. Maz
plaidoyer, je citerai seulement encore les dernières lignes de la mélodie, à partir de ces mots, « si je meurs » où, dit Ban, remittitur modulatio semitonii mœsti intervallo quod moribundis convenit. Sur « malheureux, » remissâ amplius voce, ipsa museria duobus semitoniis continuatis ostenditur, ultimaque syllaba solo semitonio tristi acuitur. Enfin, à ces mots « que j'ai vescu fidelle », vitæ quædam hilaritas ac constantia, intervallo quintæ, acutà ultimä syllabä, innuitur : fidelitas verso remisso tandem intervallo, eoque unde orta erat, modulatione redeunte, constanti quâdam modestiä, acutâ enim penultimä syllabä concinne ostenditur.
Dans la basse instrumentale de son air, Ban avait mis aussi de fort subtiles images. Sur le mot « haine », le mouvement contraire des parties symbolisait on ne peut mieux les effets de la haine, qui sépare. Tout à la fin, il avait cru dépeindre la fidélité intervallo quintæ,et cadentiä in æquisonantiam abeunte, satisaccurate, cum quâdam animi indignatione constantiâäque…
A la suite de cette explication minutieuse et puérile, il ajoute avec confiance : Hæ sunt meæ solidissimæ rationes, quibus munitus, hunc cireum musicum securissime adgressus sum !.
Il devait être singulièrement déçu. Anthoine Boësset, maître de la musique du roi ?, avait composé sur les mêmes paroles que lui ; tous les efforts de son ingénieuse naïveté ne pouvaient lui assurer l'avantage. Le maïître au génie facile dont l’agréable mélancolie et la tendresse voilée semblent sourire, dans de jolies mélodies, savait trop bien chanter les « mourantes flammes » qui ne s’éteignent jamais, et jamais ne brûlent, pour que, toute question de métier même mise à part, ce « Hollandois » qui ne « bantait pas le monde * » l’emportât sur lui. On ne trouva que des défauts à son chant. Tout d'abord cette « élection » d'un mode particulier semblait fort vaine. Boësset assurait que, quand il lui plairait, il exprimerait « toutes sortes de passions aussy bien en un mode qu'en l’autre ; et c’est une erreur de croire le contraire, des accidents desquels l’on se peut servir avec adresse les rendant tous esgaux ; et Je soustiens qu'il n’y a que le commencement et la fin qui les rendent dissemblables #. » Un critique anonyme dont