‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 97 sur 101 · P. 24 de l’éd. de · texte numérisé non relu

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privilège de la musique, elle agit sur les âmes. Tandis que les fidèles ne peuvent être que scandalisés, et les âmes avilies, dans les temples où audiuntur amatoriæ fœdæque cantilenæ, ad quas scorta mimique saltitant!, les chrétiens recevront grand profit d’une musique, semblable à celle qui bouleversait l'âme d'Augustin?.

Si Huygens plaide en faveur de l'orgue, c'est donc parce qu'il reconnaît aux sons biens réglés de cet instrument une vertu édifiante, jugeant qu'ils s'insinuent dans les âmes ou s’en emparent, pour les tourner à la méditation et les ravir au siècle. Il admet que ce langage inarticulé ne manque point d’une éloquence déterminée *. Ses correspondants, auxquels, il demande le secours de leur autorité pour le défendre contre les attaques de certains de ses compatriotes, professent la même opinion que lui, à cet égard. Vorstius avoue qu'il a recueilli grand fruit de ces harangues dévotes de l'orgue. Taceo, in Angliâ, Galliä, atque Ttaliä olim evenisse mihi, quod tibi*. Sum enim ex eorum quoque numero hominum, qui infirmitatis sibi consc ü suæ a sfimulis atque incilamentis quibusdam externis in negotio pietatis, licitis tamen illis et honestis, non abhorrent5. De Londres, on le félicite d’avoir publié des « raisons qui pourront persuader à quelque amendement des abus, lesquels se commettent chez nous, en cest endroit, et la musique se trouvera relevée et remise au degré d'honneur qu'elle mérite, estant de grande efficace à esmouvoir et raccoiser les affections 6 ». Golius a remarqué, dans les églises de Suisse, l'usage d’une musique «de grande efficace » pour accompagner les psaumes : Tigurina (ecclesia) addidit chorum, Basiliensis, organum ; quin Bernensi ductiles placuerunt tubæ ?. J. L. Calandrini, de Genève, loue Huygens de vouloir réduire les orgues « à leur vray usage qui est de la gloire de Dieu, et édification de l'église, et non du chatouillement des oreilles, en gentillesses ou vanitez musicales À ». |

1. Huygens emprunte ce passage à Erasme (comm. sur la 1'° ép. de saint Paul, ad Cor).

2. Confessions, 9, c. 6 (cité par Huygens, p. 105 de l’éd. de 1659.

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