‹ DescartesChapitre 10 sur 172 · Be9?</., reg. 12, XI · texte numérisé non relu

Be9?</., reg. 12, XI

2. RcyuL^ reg. 6, XI, 228 : « Toutes les choses se peuvent distribuer en diverses séries... en tant que la connaissance des unes dépend de la connaissance des autres. » — « Nous ne pouvons rien comprendre au delà de ces natures simples et des composés qui s'en forment. »

3. ReguL, reg. 12, XI, 272 : « Ces natures simples sont toutes connues par elles-mêmes et ne contiennent rien de faux, w

■4. Reyul.^ reg. 3, XI, 212 : « J"entcnds par intuition, non la croyance

16 LA MÉTEIODE

douter que le nombre deux ne soit pas obtenu en ajoutant l'unité à elle-même, qu'un triangle n'ait pas trois angles, que l'existence ne soit pas le contraire du néant, et le repos l'opposé du mouvement? Ces natures brillent d'une lumière qui n'est pas empruntée.

Là est le centre et comme le nœud vital de la méthode cartésienne. De cette théorie de la certitude immédiate et indiscutable des natures simples, comme Descartes les appelle d'un nom emprunté à la scolastique, on peut voir sortir les principales nouveautés du cartésianisme.

C'est d'abord la défaite irréparable des entités scolastiques. Que peuvent être en effet ces puissances mystérieuses, forces occultes, âmes de toute espèce, par lesquelles les docteurs du moyen âge se flattaient d'expliquer les phénomènes, sinon des fruits de l'imagination, des abstractions transfigurées en réalités, des notions obscures et confuses, que jamais l'esprit n'a vues face à face, de cette vue directe sans laquelle la connaissance est illusoire et menteuse? Qu'elles soient donc à jamais bannies de la science, pour faire place aux notions claires et distinctes. — C'est la mise au jour d'un critérium infaiflible de certitude : ne se rendre qu'à l'évidence, suspendre son jugement jusqu'à la rencontre de

au témoignage variable des sens, ou les jugements trompeurs de l'imagination, mauvaise régulatrice, mais la conception d'un esprit sain et attentif, si claire et si distincte qu'aucun doute ne reste sur ce que nous comprenons; ou bien, ce qui est la même chose, la conception ferme qui naît dans un esprit sain et attentif des seules lumières de la raison. »

OBJET ET PUOCÉDÉS DE L\ MÉITlOnE IT

notions si claires et si distinctes qu'elles forcent l'adhésion la plus rebelle. — C'est une définition du but et des limites de la science. La science a été définie plus haut : la connaissance certaine et évidente. Cette définition peut être maintenant développée et précisée. Puisque toute certitude vient de l'intuition directe des natures simples qui gisent au fond des choses les plus composées, la science a pour objet la découverte de ces natures simples et absolues et la démonstration de la manière dont elles constituent, en se composant avec elles-mêmes, les natures complexes et relatives. Dès lors, l'objet de la méthode est fixé, et ses procédés essentiels déterminés. « Le secret de la méthode con- « siste à chercher en tout ce qu'il y a de plus absolu \ » et à faire voir distinctement comment ces éléments absolus concourent ensemble à la composition des autres choses^. La méthode, qui n'aurait pas (J'objet, si toutes choses nous étaient immédiatement connues, consistera donc essentiellement dans un double mouvement de décomposition et de composition. Elle décomposera les objets complexes de la recherche, pour en découvrir les facteurs simples et absolus ; puis elle les recomposera à l'aide de ces mêmes facteurs ^.

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