‹ DescartesChapitre 11 sur 172 · RcguL, reg. 5, XI, 22u · texte numérisé non relu

RcguL, reg. 5, XI, 22u

3. Reyul., reg. 5, XI, 224 : « Toute la médiode consiste dans Tordre et la disposition des choses vers lesquelles il est nécessaire de tourner son esprit, pour découvrir quelque vérité. Nous la suivrons de point en point, si nous ramenons graduellement les propositions obscures et embarrassées à de plus simples, et si, partant de l'intuition des choses les plus faciles, nous tâchons de nous élever par les mêmes degrés à !a connaissance de toutes les autres. »

LiARD. — DESCAUTES. 2

Avant d'aller plus loin, veut-on des exemples de cette circulation alternante qui va du composé au simple et revient du simple au composé? Descartes nous les fournira. Soit à expliquer la propriété que possède la ligne appelée anaclastique de réfracter les rayons parallèles de telle façon qu'après la rétraction ils convergent en un seul point. On verra d'abord que cette ligne est déterminée par le rapport des angles de réfraction et des angles d'incidence. C'est là un premier stade dans la réduction du composé au simple, du relatit à l'absolu. Mais la proposition ainsi obtenue est elle-même composée et relative. La réduction doit aller plus avant. En la poussant plus loin, on trouve que le rapport entre les angles d'incidence et les angles de réfraction dépend du changement apporté dans la grandeur respective de ces angles par la différence des milieux. Cette proposition est encore composée et relative ; elle provoque une réduction nouvelle. D'où vient que les rayons lumineux traversent les corps diaphanes? Cette propriété dérive évidemment de la nature de l'action de la lumière. Il faut donc que cette action soit connue. Mais, à son tour, elle ne saurait l'être, si l'on ignore ce qu'est en général une puissance naturelle. La notion claire des puissances naturelles, voilà donc le dernier terme, le terme absolu de cette série de questions, de cette réduction progressive du composé au simple, du relatif à l'absolu.

Arrivé là, et une fois en possession, par l'intuition, de la notion claire et distincte des puissances naturelles, il faudra repasser par les mêmes degrés, pour voir comment les diverses propositions déjà parcourues dans

un autre sens s'engendrent et se lient. De la nature des puissances naturelles en général, on déduira l'action de la lumière ; cette action connue expliquera comment les rayons lumineux traversent les corps diaphanes ; cette proposition expliquée permettra de comprendre les changements que détermine dans la grandeur des angles d'incidence et de réfraction la nature des milieux. On en viendra ainsi à trouver la raison des propriétés de Fanaclastique \.

Tous les ouvrages de Descartes, en particulier ses ouvrages scientifiques, nous présentent de frappantes illustrations de cette méthode. Quel est par exemple l'ordre suivi dans la Dioptrique et dans lés Météoï^es ? Dans la Dioptrique, Descartes commence par déterminer en quoi consiste l'action de la lumière; c'est un mouvement comparable aux autres mouvements de la nature. De cette définition il conclut, que le mouvement lumineux doit suivre les mêmes lois que le mouvement proprement dit. Par conséquent, à la rencontre de certains obstacles^ les rayons lumineux se réfléchiront, comme fait une balle à la rencontre du sol; ils pénétreront dans les milieux diaphanes, comme fait la même balle dans un milieu liquide; ils dévieront alors comme elle, de leur direction primitive, et cette déviation variera suivant la nature du milieu traversé. — De même, dans les Météores, où il se propose d'expliquer les principaux phénomènes qui se passent dans les cieux, la pluie, la grêle, la neige, le tonnerre, la foudre,

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