‹ DescartesChapitre 105 sur 172 · Bép. aux object · texte numérisé non relu

Bép. aux object

3. 3e Méd., I, 426. Cl'. Rép. aux objed., I, 3S8 : « Pour moi, toutes les fois que j'ai dit que Dieu pouvait être connu clairement et distinclemen(, je n'ai jamais entendu parier que de cette connaissance finie et accommodée à la petite capacité de nos esprits. »

« négative, savoir est de ce que nous ne remarquons (( dans les choses aucune limitation, » et que de plus « nous ne le concevons pas selon toute son étendue, « c'est-à-dire que nous ne comprenons pas tout ce qui « est intelligible en elle \ »

Mais qu'entend-on au juste par cette infinité positive que je limiterais en la comprenant^? Est-ce quelque chose de comparable à l'étendue sans bornes des espaces imasrinaires, à la multitude illimitée des nombres ou à la divisibilité toujours possible des parties de la quantité? Dans ce cas. Dieu et le monde ne seraient qu'un, puisque le monde, fait d'étendue et de nombre, est sans limites. Descartes a vu cette conséquence avec effroi, et cette assimilation est une des fausses interprétations de sa doctrine qu'il met le plus de diligence à prévenir. Sa philosophie de la nature implique, nous l'avons vu, l'infinité du monde; l'essence de la matière est en eiîet l'étendue, l'étendue infinie en grandeur et en petitesse, toujours ouverte à des accroissements et à des divisions sans fin. Descartes ne pouvait méconnaître cette conséquence de sa physique, sans en ruiner les fondements. Mais, pour écarter toute confusion entre le monde et Dieu, il distingue, avec torce, l'infini de rindéfini. L'infini est « une chose réelle, qui est in- « comparablement plus grande que toutes celles qui ont «quelque fin'. » L'indéfini, c'est simplement ce qui n'a pas de fin. En ce sens, Dieu seul est infini; l'éten-

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