Lett., X
due, les nombres, la divisibilité de la quantité sont indéfinies. L'infini, c'est encore « ce en quoi de toutes « parts je ne connais pas de bmites. » L'indéfini, c'est toute chose « où sous quelque considération seulement je ne vois pas de fin '. » En ce sens encore, Dieu seul est infini ; les autres choses, illimitées sous un rapport comme l'étendue, le nombre, limitées sous les autres, sont indéfinies. De même encore, pour dire qu'une chose est infinie , « on doit avoir quelque raison qui la fasse « connaître telle, ce qu'on ne peut avoir que de Dieu « seul; mais, pour dire qu'elle est indéfinie, il suffit de « n'avoir pas de raison par laquelle on puisse prouver « qu'elle ait des bornes ^ ; » tel est le cas de la matière étendue et de la série des nombres homogènes, faits d'éléments identiques ; on ne saurait, si loin qu'on les suppose prolongées, dire qu'elles finissent et ne continuent pas.
Ainsi, parfait et infini sont synonymes. En Dieu, la perfection est infinie sous tous les rapports, et l'infinité est en lui la perfection totale et absolue. Rien de plus clair aux yeux de Descartes que cette notion primitive, malgré notre incurable impuissance à la comprendre en son entier. Voyons maintenant par quels attributs il la détermine au moins partiellement.