‹ DescartesChapitre 107 sur 172 · Bép. aux object.^ I · texte numérisé non relu

Bép. aux object.^ I

2. Lett.^ X, 46. — Cf. Eép. ««a; oôjeci. ,1,386: «De plus, je mets distinction entre la raison formelle de Finfini ou Finfinité, et la chose qui est infinie. Car, quant à l'infinité, encore que nous la concevions être très positive, nous ne l'entendons néanmoins que d'une façon négative, savoir est de ce que nous ne remarquons en la chose aucune limitation, et, quant à la chose qui est infinie, nous la concevons à la vérité positivement, mais non pas selon toute son étendue, c'est-à-dire que nous ne comprenons pas tout ce qui est intelligible en elle. »

En premier lieu, la perfection de l'infinité est identique à Fêtre. « De cela seul que je conçois l'être, ou ce « qui est, sans penser s'il est fini ou infini, c'est l'être « infini que je conçois ^ » L'origine de la pensée métaphysique n'est pas l'idée de l'être indéterminé, de l'être en général, conçu simplement comme une puissance capable de recevoir des déterminations de plus en plus complexes; c'est celle de l'être achevé, absolu, au sens premier du mot, renfermant toutes les perfections, et celles que nous pouvons connaître , et une infinité d'autres dont la connaissance nous est refusée par suite de notre imperfection.

Un tel être, cela va presque sans dire, existe en soi et par soi. L'existence reçue est une infirmité, incompatible avec la perfection suprême. Dieu est donc la cause de soi-même; il « n'a d'autre cause de lui-même que sa propre essence ^, » et cette causahté ne doit pas être entendue négativement, en ce sens que Dieu n'aurait pas hors de lui-même , comme les êtres créés , une cause de son existence, mais positivement en ce sens qu'il est, « de quelque façon, la même chose à l'égai'd de soi-même que la cause efficiente à l'égard de son effet, » sous cette réserve cependant qu'en lui la cause efficiente n'est pas, comme dans les phénomènes de l'univers, antérieure à ce qu'elle produit ^

Mais Descartes a beau dériver de l'idée de perfection cette notion de l'existence eu soi et par soi. il ne peut

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