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sant au hasard, la fatalité, en un mot, sous le nom usurpé de liberté. Nous affirmons qu'elle est la bonté même. Mais une activité qui ne se réglerait pas d'après le bien et la raison, que peut-elle être, sinon l'indifférence? Le caprice est-il donc le premier et le dernier mot des choses?
Autant de questions, dirait Descartes, autant de blasphèmes. Mon entendement, quand il s'éveille, trouve en lui et autour de lui la vérité décrétée. Il en subit la loi et ne peut la changer. De là le caractère nécessaire de la science. Mais est-ce à dire que le décret qui l'a fixée l'ait eue elle-même pour raison déterminante? Certaines vérités me semblent nécessaires. Que suis-je autorisé à conclure de ce fait? Que Dieu, auteur des essences comme des existences, les a voulues nécessaires, mais non pas qu'il les a nécessairement voulues ainsi. La nécessité suit l'acte de sa volonté et ne le précède pas. Quum Deus calculât et cogitationem exercet, fit mundics, devait dire un disciple de Descartes. Le maître n'eût pas désavoué ces paroles. L'acte divin crée la vérité; la vérité ne préexistait pas, comme un exemplaire éternel, à cet acte créateur. De la sorte, ce qui nous semble impossible ne l'était pas pour Dieu. La possibihté logique où notre pensée est enfermée n'est qu'une partie de la possibilité métaphysique. Il y a là, sans doute, d'impénétrables mystères. Mais mon esprit fini ne peut prétendre à sonder l'infini. « Il me semble », dit Descartes, « qu'on ne doit jamais dire d'aucune chose « qu'elle est impossible à Dieu, car, tout ce qui est vrai « et bon dépendant de sa toute puissance, je n'ose pas
« même dire que Dieu ne peut faire une montagne sans « vallée, ou que 1 et 2 ne fassent pas 3; mais je dis seule- « ment qu'il m'a donné un esprit de telle nature que je « ne saurais concevoir une montagne sans vallée, ou que « l'agrégé de 1 et de 2 ne fasse pas 3, etc. Et je dis « seulement que de telles choses impliquent contradic- <( tion en ma conception \ »
Ainsi les vérités éternelles ne sont pas indépendantes de Dieu. « Sunt verse aut possibiles quia Deus illas veras aut possibiles cognoscit, non autem contra veras à Deo cognosci, quasi independenter ab illo sint verae ". » Encore une fois, ce qui est nécessaire pour nous, c'est ce que Dieu a voulu rendre nécessaire.
Les répugnances de notre esprit à ces conclusions s'expliquent par l'habitude où nous sommes de voir en nous la raison déterminant la volonté. Il n'en est pas ainsi de Dieu. En lui, l'entendement et la volonté ne diffèrent d'aucune manière, ne quidem ratione \ En