Rép. aux object., I
4.. « Les actes intellectuels n'ont aucune affinité avec^ les actes corporels, et.... la pensée, qui est la raison commune en laquelle ils conviennent, diffère totalement de l'extension, qui est la raison commune des autres. » {Rép. aux object,, I, 473.)
en feignant qu'il n'existe aucun corps ' ; le concept de
la pensée peut être formé sans que j'emprunte rien au
concept de l'étendue. Réciproquement, la série des faits
corporels ne prét^uppose en rien la conscience. Je conçois
la grandeur, ïa figure et le mouvement, sans que la
conscience y soit à aucun degré engagée. Le concept
de l'étendue peut être formé, sans rien emprunter à
celui de la pensée \ Mais cette distinction de la pensée
et de rétendue n'est-elle pas le fruit d'une abstraction
qui sépare et isole ce qui au fond est uni et confondu?
Descartes a vu la difficulté. « On ne peut, dit-il, inférer
« une distinction réelle entre deux choses de ce que
« l'une est conçue sans l'autre par une abstraction de
« l'esprit qui conçoit les choses imparfaitement '. » Mais
tel n'est pas ici le cas. Nous n'avons pas à craindre que la
pensée et l'étendue conçues par nous comme clairement
distinctes se rejoignent et se fondent mystérieusement
par quelque affinité inconnue. Elles sont complètes l'une
et l'autre, et chacune d'elles se suffit pleinement à
elle-même. <* Je conçois pleinement ce qui est le corps,
« c'est-à-cfire je conçois le corps comme une chose com-
« plète, eu pensant seulement que c'est une chose
« étendue, figurée, mobile, etc., encore que je nie de
« lui toutes les choses qui appartiennent à la nature de
« r esprit. Et d'autre part je conçois que l'esprit est une
<( chose complète, qui doute, qui entend, qui veut, etc.,
(c encore que je nie qu'il y ait en lui aucune des choses
i. Cf. Disc, de la méth.,A^])ar\., I, 158.