Cf. 0-= Méd., 1, 33:2, sqq
« qui sont contenues en l'idée du corps *. » Et que Descartes entend-il par une chose complète? Il répond en termes précis : « Par une chose complète, je n'en- « tends autre chose qu'une substance revêtue de formes « ou d'attributs qui suffisent pour me taire connaître « qu'elle est une substance ^ » Ainsi les concepts de la pensée et de l'étendue sont clairs; ils sont distincts l'un de l'autre; ils expriment des choses également complètes sans affinité réciproque ^ Il faut en conclure que <(. l'esprit est conçu comme une chose subsistante, (( quoiqu'on ne lui attribue rien de ce qui appartient au a corps, et en même façon que le corps est conçu comme « une chose subsistante, quoiqu'on ne lui attribue rien « de ce qui appartient à l'esprit \ » Il y a donc des substances pensantes et des substances étendues. Les âmes sont distinctes des corps ^
L'âme se définit par la pensée. Par pensée, en général, Descartes, nous l'avons déjà vu, n'entend pas la pensée au sens étroit du mot, l'acte purement intellectuel de la conception et du raisoiniemeut, mais l'aperception immé-
1. 6'^Méd., ibid. — « Tout ainsi qu'être étendu, divisible, figuré, etc., sont des formes et des attributs parle moyen desquels je connais cette substance qu'on appelle corps, de même être intelligent, voulant, doutant, etc., sont des formes par le moyen desquelles je connais cette substance qu'on appelle esprit, et je ne comprends pas moins que la substance qui pense est une chose complète, que je comprends que la substance étendue en est une. » (Rép. aux object., H, 43.)