Méd., I
3. « Les actes intellectuels n'ont aucune affinité avec les actes corporels. » {Rép. aux object., de Hobbes.)
A: Rép. aux object., U, 48.
5. « De cela seul qu'on conçoit clairement et distinctement les deux natures de l'âme et du corps comme diverses, on connait que véritablement elles sont diverses, et par conséquent que l'âme peut penser sans le corps. » (Lett., VII, 395.)
diateou la conscience'. Par suite, l'âme pense toujours. Que la conscience soit anéantie , et l'âme dont elle est l'essence ne sera plus. « Je suis, mais combien de « temps? autant de temps que je pense, car peut-être « même qu'il se pourrait faire, si je cessais totalement « de penser, que je cesserais en même temps tout à fait « d'être . » A cette continuité de la conscience, conséquence inévitable de la définition cartésienne de l'âme, Gassendi objecte : a Gomment admettre que l'on puisse « penser au milieu d'un sommeil léthargique, ou que « l'enfant pense dans le ventre de sa mère? Pourquoi « ne resterait-il de ces pensées aucun souvenir ^? » Descartes ne se demande pas, comme devait le faire plus tard Leibnitz, si la conscience n'a pas des degrés. Il se contente de répondre à son adversaire : « Quelle « merveille de ce que nous ne nous ressouvenons pas des « pensées que nous avons eues dans le ventre de nos « mères, et pendant une léthargie , puisque nous ne « nous ressouvenons pas même de plusieurs pensées que « nous savons fort bien avoir eues étant adultes, sains « et éveillés \ »
Sous quelles formes se manifeste cette pensée continue? En d'autres termes, quelles sont les fonctions diverses de l'âme? Les unes lui sont absolument propres ; d'autres requièrent, pour s'exercer, le concours du
1. Cf. 2e Méd., I, 253, loc. cit. — Rép. aux object., I, 473 : « Les actes intellectuels... conviennent entre eux en ce qu'ils ne peuvent être sans pensée, ou perception, ou conscience et connaissance. »