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laisse entendre que toutes nos idées claires sont innées au même titre : «... Aucunes idées des choses ne nous sont représentées par eux (les sens) telles que nous les formons par la pensée; en sorte qu'il n'y a rien dans nos idées qui ne soit naturel à l'esprit ou à la faculté qu'il a de penser, si seulement on excepte certaines circonstances qui n'appartiennent qu'à l'expérience '. » Et, plus loin : « Rien ne peut venir des objets extérieurs jusqu'à notre âme par l'entremise des sens, que quelques mouvements corporels; mais ni ces mouvements même, ni les figures qui en proviennent, ne sont pas conçus par nous tels qu'ils sont dans les organes des sens..... d'où il suit que même les idées du mouvement et des figures sont naturellement en nous. Et, à plus forte raison, les idées de la douleur, des couleurs, des sons et de toutes les choses semblables nous doivent-elles être naturelles '. »
A y regarder de près, ces deux fragments ne sont pas contradictoires. Dans la lettre à la princesse Elisabeth, Descartes énumère les conceptions-principes, d'où sortent, comme d'un tronc, en se ramifiant à l'infini, toutes les autres notions claires et distinctes; elles sont en nombre restreint; mais il n'entend pas assigner aux notions dérivées une autre nature et une autre provenance qu'aux principes. Par exemple, il cite l'extension comme l'original et la source de tous les concepts relatifs aux corps ; de l'extension sortent les figures en nombre infini de la géométrie, les mouvements infini-