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3. « Vous avez raison de dire que nous sommes aussi assurés de notre libre arbitre que d'aucune autre notion première, car ccn est véritablement une. » {Lett., VHI, 407.)
« avons une volonté libre, qui peut donner son consen- (( tement et ne le pas donner, quand bon lui semble, <( que cela peut être compté pour une de nos plus com- « munes notions. Nous en avons eu ci-devant une « preuve bien claire ; car, au même temps que nous « doutions de tout et que nous supposions même que « celui qui nous a créés employait son pouvoir à nous « tromper en toute façon, nous apercevions en nous « une liberté si grande que nous pouvions nous empê- « cher de croire ce que nous ne connaissions pas encore « parfaitement bien '. w
Mais cette faculté d'élire, d'affirmer ou de nier, de consentir ou de ne pas consentir, que nous sentons en nous, est-elle une puissance d'autre espèce que les puissances naturelles ? Produit-elle des effets soumis à d'autres lois? Pour déterminer avec rigueur l'essence de la liberté et son mode d'action, circonscrivons d'abord le domaine où elle s'exerce. La liberté n'a pas prise sur la nature extérieure. Pour Descartes, on l'a vu, la pensée et l'étendue sont radicalement distinctes ; de l'une à l'autre, pas de communication réelle ; entre elles, rien de commun. La liberté, fonction de la pensée, ne peut donc rien sur l'étendue. Celle-ci reçoit mille et mille fjgures, mille et mille mouvements, d'après d'invariables lois. Aucune figure ne peut être modifiée, aucun mouvement ne peut changer de direction et de vitesse au gré de la pensée humaine. Alors même que figures et mouvements n'auraient rien d'objectif et seraient