Lett., VI
LiARD. — DESCARTES. 16
terminée ; indépendante, car, « lors même qu'une raison (( fort évidente nous porte à une chose, quoique mora- « lement parlant il soit difficile que nous puissions faire « le contraire, parlant néanmoins absolument nous le « pouvons; » déterminée, car, s'il nous est possible « de nous empêcher de poursuivre un bien qui nous « est clairement connu, ou d'admettre une vérité évi- « dente, » cette résistance insensée et coupable a une raison, le désir de témoigner par là de notre franc arbitre \
Les manifestations de la volonté ou de la liberté, car liberté et volonté ne font qu'un pour Descartes-, sont donc suscitées et réglées par les idées. « Nous ne voulons jamais rien dont nous ne concevions en quelque façon quelque chose'. » Une volonté vide serait une pure puissance, au sens de l'école. Toute inchnation volontaire a pour origine une idée. Seulement les de- ' grés de la liberté varient avec la clarté de nos conceptions. Devant les notions obscures et confuses, qui n'apportent aucune connaissance à l'esprit, nous demeurons indifférents , à moins que, par un mirage dont nous sommes à la fois les auteurs et les dupes, nous ne transfigurions l'obscurité en clarté, et la confusion en distinction. A mesure que se dissipent les ombres des conceptions obscures, l'indifférence diminue ; enfin elle disparaît entièrement à la pleine lumière de la vérité. ({ Si je connaissais toujours claiiemeut ce qui est vrai et
i. Lett., VI, 134.
2. Lett., IX, 1G8 : « Je nomme généralement libre tout ce qui est volontaire. » '