‹ DescartesChapitre 141 sur 172 · LùU., VllI · texte numérisé non relu

LùU., VllI

« ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délice bérer quel jugement et quel choix je devrais faire, et « ainsi je serais entièrement libre sans être jamais in- « différent \ » La volonté, par essence, se porte donc infailliblement, mais néanmoins librement, au bien qui lui est clairement connu ^

Il ne faudrait pas en conclure que le domaine de l'entendement et celui de la volonté sont d'égale étendue. La volonté, considérée en elle-même, dans ses puissances latentes, déborde de toutes parts l'entendement. Toute vérité ne nous est pas connue ; en ellemême, la volonté n'a pas de bornes ; elle aspire à tout ce qui lui semble bon, et combien de fois la vérité des choses où nous sommes entraînés ne nous est-elle pas clairement connue ^ ! L'entendement est fmi ; il contemple seulement une portion de la vérité. La volonté est infinie * ; elle se porte à tout, aux apparences comme à la réalité. Par là se marque sa liberté. C'est à elle de se contenir dans les limites de l'entendement et de refuser aux conceptions obscures et confuses un consentement qui n'est dû qu'aux idées claires et distinctes, et par là de manifester, mieux que par ses caprices, sa réelle indépendance. C'est à elle aussi de tenir toujours l'attention en éveil et de prévenir ses propres défaillances. Combien de fois ne nous arrive-t-il pas de varier d'opinion sur les choses qui nous avaient paru les plus certaines et partant les plus désirables ? Ne semblerait-

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