‹ DescartesChapitre 142 sur 172 · Méd., I · texte numérisé non relu

Méd., I

il pas, au contraire, que toute conception claire de l'entendement dût être l'origine, dans la volonté, d'une résolution stable et permanente? Certes « de toute grande clarté dans l'entendement suit une grande inclination dans la volonté. » « Mais, pour ce que la nature « de l'àme est de n'être quasi qu'un moment attentive « à une même chose, sitôt que notre attention se dé- « tourne des raisons qui nous font connaître que cette « chose nous est propre, et que nous retenons seule- « ment en notre mémoire qu'elle nous a paru désirable, « nous pouvons représenter à notre esprit quelque « autre raison qui nous en fasse douter, et ainsi sus- » pendre notre jugement et même aussi peut-être en « former un contraire*. » La volonté doit donc être perpétuellement tendue vers la vérité ; sa vertu, pourrait-on dire, consiste à se tenir toujours par l'attention dans les bornes de l'entendement.

La liberté humaine n'est donc pas comparable à la liberté divine ; l'une crée la vérité ; l'autre la trouve toute faite. En Dieu, vouloir et connaître ne font qu'un; dans l'homme, sans la connaissance, la volonté serait une puissance arbitraire. L'esprit est, en dernière analyse, la règle de nos affirmations 2. Si la vérité naît pour nous, comme nous l'avons vu, du concours de Fentendement et de la volonté, en définitive la vérité est faite en dehors de nous, au-dessus de nous, et nous nous bornons à la faire nôtre par l'affirmation volou-

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