Les pass., IV
LlARD. — DKSCARTES. 17
« pouvons douter, puisque des expériences trop cer- <c taines et trop évidentes nous le font connaître tous les « jours manifestement '. » C'est dans la glande pinéale qu'il faut chercher l'origine sinon le secret du mécanisme par lequel sont exécutés les mouvements voulus par l'âme. Nous avons vu ailleurs comment les esprits sont agents de mouvements. Massés pour ainsi dire au centre du cerveau, autour de la glande pinéale, ils se précipitent, comme à un signal donné, par les pores qu'ouvrent les mouvements de cet organe, vont se répandre, suivant des lois fixes, dans les membres, et, gonflant les muscles, font se mouvoir les pièces de la machine vivante -. Le mouvement initial donné, tous les mouvements qui suivent sont commandés et s'expliquent. De même que l'action du corps sur l'àme se réduisait, en dernière analyse, à une action de la glande pinéale sur la pensée, de même l'action de l'âme sur le corps se réduit à une action de la volonté sur la glande pinéale K
Voilà donc le problème ramené à sa plus simple expression. Quelle solution Descartes en propose-t-il ? Les principes de son système lui interdisaient, nous l'avons déjà fait remarquer, d'admettre du corps à l'àme et de l'âme au corps une action efficace; les deux substances spirituelle et corporelle n'ont rien de commun et ne sauraient par suite agir l'une sur l'autre ; de plus, la quantité de mouvement est constante dans l'univers corporel. Une action réelle de l'âme sur le corps serait