Lespass., IV
à la princesse Elisabeth : « L'àme a quelque torce .^ pour changer les impressions qui sont clans le cer- « veau\ » Descartes se serait-il contredit sur un sujet que d'ailleurs il n'approfondit pas, ou bien les principes généraux de sa doctrine ne recelaient-ils pas une solution véritable du problème, que, pour une raison ou une autre, il aurait négligé d'en extraire explicitement?
Nous sommes ainsi conduits à nous demander
d'abord quelles étaient ses vues sur les rapports des
substances proprement dites, et des attributs essentiels
par lesquels elles se définissent. A prendre à la lettre
la plupart de ses déclarations, il paraît considérer les
substances comme les sujets d'inhérence des attributs
essentiels et en faire des choses distinctes et séparées
par la pensée, bien qu'unies en fait. « Il est certain,
(( dit-il dans les Réponses aux objections, que la
« pensée ne peut pas être sans une chose qui pense, et
<( en général aucun accident ou aucun acte ne peut
oc être sans une substance de laquelle il soit l'acte. Mais
« d'autant que nous ne connaissons pas la substance
« immédiatement par elle-même, mais seulement parce
« qu'elle est le sujet de quelques actes, il est fort conve-
(( nable à la raison, et l'usage même le requiert, que
« nous appehons de divers noms ces substances que
« nous connaissons être le sujet de plusieurs actes ou
a accidents entièrement différents ^ » Plus tard, il dira
avec plus de précision encore dans les Principes :