‹ DescartesChapitre 156 sur 172 · Rép. aux object · texte numérisé non relu

Rép. aux object

« Quand nous considérons la pensée et l'étendue comme « les propriétés des substances dont elles dépendent, « nous les distinguons aisément de ces substances et les « prenons pour telles qu'elles sont véritablement : au lieu « que, si nous voulions les considérer sans substances, « cela pourrait être cause que nous les prendrions pour « des choses qui subsistent d'elles-mêmes, en sorte que « nous confondrions l'idée que nous devons avoir de « la substance avec celle que nous devons avoir de ses « propriétés K » Rien de plus contraire, ce nous semble, que cette façon de voir, avec les principes généraux de la métaphysique cartésienne. Ainsi voilà des substances qui ne seraient pas connues en elles-mêmes et par ellesmêmes, des choses mystérieuses sous les phénomènes clairement compris, des êtres de raison sous les données intelligibles de l'entendement. Le cartésianisme aboutirait-il donc à restaurer tout un monde ténébreux et insaisissable de ces entités qu'il semblait avoir à jamais bannies de la science et de la philosophie? Se mettrait-il en contradiction avec sa notion de la substance, une chose qui existe en soi, c'est-à-dire dont le concept peut être formé sans avoir besoin du concept d'aucune autre chose ? Les substances indéterminées, abstraction faite des attributs essentiels qui les caractérisent, répondent-elles à ce signalement? Ne sontelles pas de purs néants, auxquels la pensée ne trouve rien où se prendre, et ce qui forme un concept complet et indépendant, n'est-ce pas d'un côté la pensée,

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