Princip., III
d'un autre côté l'étendue? Par suite, les substances ne se confondent-elles pas avec leurs attributs essentiels? Descartes n'a pas été sans voir que ses principes le conduisaient droit à cette conclusion. « La véritable marque, « a-t-il dit quelque part, par laquelle nous pouvons « connaître que l'esprit est différent du corps est que « toute l'essence ou toute la nature de l'esprit consiste « seulement à penser, là où toute la nature du corps « consiste seulement en ce point que le corps est une « chose étendue, et ainsi qu'il n'y a rien du tout de « commun entre la pensée et l'extension K » Mais, importuné par des souvenirs d'école, gêné par une langue faite sous l'empire de la distinction scolastique des substances et des atributs, il n'est pas arrivé à formuler nettement une pensée, logiquement impliquée dans les principes de sa doctrine, et sans laquelle sa distinction courante de l'âme et du corps n'aurait pas de sens, car l'étendue et la pensée ont beau être distinctes l'une de l'autre, rien n'autorise à conclure que les substances où elles résident le sont aussi, et alors pourquoi ne pas s'imaginer que, sous l'antagonisme surperficiel de l'étendue et de la pensée, s'accomplissent de secrètes alliances entre la substance corps et la substance esprit?
La pensée serait donc la substance spirituelle, et l'étendue la substance corporelle. Gela étant, on est tenté de se demander si, touchant les rapports de l'âme et du corps, Descartes n'avait pas une théorie de derrière