Lett., IX
de l'extension , partant des idées , comme les idées qu'ils suscitent? L'expérience semble une dégradation de la vraie connaissance, résultat de notre imperfection d'êtres créés. Descartes ne le déclare pas formellement, mais il le laisse entendre. « Les sentiments de dou- « leur et tous autres de pareille nature ne sont pas a de pures pensées de l'âme distincte du corps, mais « des perceptions confuses de cette âme qui est réel- « lement unie au corps : car, si un ange était uni au « corps humain, il n'aurait pas les sentiments tels que « nous, mais il percevrait seulement les mouvements « causés par les objets extérieurs, et par là il serait dif- « férent d'un véritable homme *. » En d'autres termes, un être plus parfait que l'homme n'aurait pas de sensations, mais verrait à nu l'essence des choses extérieures; les figures et les mouvements, fond commun des phénomènes corporels, ne lui seraient pas masqués sous des formes sensibles; pour lui, l'expérience se transformerait en une vision pure et éternelle de l'essence intelligible des choses. C'est assez donner à entendre que les sensations ne sont rien par ellesmêmes et dérivent de notre imperfection.
Descartes a-t-il rêvé pour l'âme, après cette vie, un état semblable à celui de cet ange, affranchi des nécessités sensibles, pour qui le monde intelligible n'aurait ni secrets ni mystères? On ne saurait le dire. Sur ces sujets, que la théologie revendique plus encore que la métaphy-