‹ DescartesChapitre 162 sur 172 · Lelt., VlU · texte numérisé non relu

Lelt., VlU

sique, il a toujours professé une réserve prudente et ne laisse guère deviner ses pensées. « Pour ce que vous a dites, écrit-il à Mersenne, que je n'ai pas mis (dans les « Méditations) un mot de l'immortalité de l'âme, vous « ne vous en devez pas étonner, car je ne saurais pas « démontrer que Dieu ne la puisse annihiler, mais seu- « lement qu'elle est d'une nature entièrement distincte « de celle du corps, et par conséquent qu'elle n'est pas 0 naturellement sujette à mourir avec lui, qui est tout « ce qui est requis pour établir la religion, et c'est aussi « tout ce que je me suis proposé de prouver «. » Ailleurs, il invoque la révélation en faveur de l'immortalité. — Le corps périt par division; l'âme substance simple ne peut donc périr avec lui. — Mais peut-être Dieu a-t-il voulu qu'il en fût autrement. — C'est à Dieu de répondre. « Et puisqu'il nous a maintenant révélé que cela « n'arrivera pas, il ne nous doit plus rester touchant « cela aucun doute^ » — Pour ce qui est de l'état de l'âme après la vie, il se borne à cette phrase, jetée comme en passant, dans une lettre à la princesse Elisabeth : « Je confesse que par la seule raison naturelle, « nous pouvons bien faire beaucoup de conjectures à « notre avantage et avoir de belles espérances, mais « nou point aucune assurance ^ » C'est presque le mot de Socrate mourant. Ne cherchons pas à forcer le secret de Descartes, s'il en eut. Peut-être sur ce point son âme croyante s'en tenait-elle aux enseignements de

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