‹ DescartesChapitre 164 sur 172 · Lett, IX · texte numérisé non relu

Lett, IX

« vaquer aux fonctions de l'imagination et des sens '. » La science a toujours été sa grande afTaire. Sans les preuves que nous en avons données, il suffirait pour s'en convaincre de relire cette phrase d'une de ses lettres à la princesse Elisabeth, mise en épigraphe à ce livre : « Je puis dire avec vérité que la principale règle « que j'ai toujours observée en mes études, et celle « que je crois m'avoir le plus servi pour acquérir « quelque connaissance, a été que je n'ai jamais « employé que fort peu d'heures par jour aux pensées « qui occupent l'imagination, et fort peu d'heures « par an à celles qui occupent l'entendement seul '. » L'impuissance de la science à démontrer la réalité de ses objets, non moins que les habitudes communes à tous les penseurs de son temps. Bacon excepté, le poussent à construire une métaphysique ; il en trace les principaux linéaments, et, satisfait des assurances qu'il en retire touchant la réalité de la science, il consacre à celle-ci le meilleur de ses efforts et néghge de pousser sa métaphysique jusqu'aux dernières conséquences, par crainte peut-être de les voir en face.

Pourtant il n'a pas été sans les pressentir. Ainsi il n'a pu s'abuser sur les destinées logiques de ce dualisme que la lettre de son système pose entre le monde et Dieu. En vain se contente-t-il d'affirmer la prééminence de Dieu sur le monde ; fatalement, le monde tend à s'absorber en Dieu, tel qu'il le définit, et la dualité des choses et du principe des choses, incompatible avec

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