‹ DescartesChapitre 165 sur 172 · Lett., IX · texte numérisé non relu

Lett., IX

l'unité de la connaissance, se tourne en unité. Ledogme de la création que Descartes emprunte à la tradition chrétienne, pour l'introduire de prime-saut dans sa définition de Dieu, arrête le système sur la pente du panthéisme, mais au prix de l'arbitraire dans les définitions et de l'inconséquence dans les déductions. La définition cartésienne de la substance convient à Dieu seul. De quel autre être en effet pourrait-on dire qu'il existe dételle façon qu'd n'a besoin que de soi-même pour exister '? Descartes en convient ingénuement. « A proprement parler, dit-il, il n'y a que Dieu qui soit tel ^ » La conséquence, ce semble, c'est que, hormis Dieu, il n'y a pas de substance. Pas du tout ; par un arfifice de langage. Descartes applique le nom de substance aux choses aussi bien qu'au principe des choses : « On a raison, dans l'école, de « dire que le nom de substance n'est pas univoque au « regard de Dieu et des créatures, c'est-à-dire qu'il n'y « a aucune signification de ce mot que nous concevions « distinctement, laquelle convienne en même sens à lui « et à elle \ » Ainsi il y a une substance qui existe vraiment en soi et par soi, et des substances qui existent en soi par rapport à leurs attributs, mais qui n'existent pas par elles-mêmes, qui pour exister « ont besoin du concours ordinaire de Dieu'. » Mais comment soutenir qu'elles sont indépendantes de Dieu, et même qu'elles en sont séparées. Leur existence précaire est un don sans cesse renouvelé; singulières substances

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