‹ DescartesChapitre 168 sur 172 · Lett., IX · texte numérisé non relu

Lett., IX

« est certain que ces deux choses sont réellement dis- « tinctes*. » Mais à quoi reconnaissons-nous l'existence réelle des choses, si ce n'est à leur vérité, et cette vérité qu'est-elle, sinon la clarté dans l'esprit? Le dernier mot de la philosophie cartésienne est cette brève et saisissante formule de la cinquième Mrditution : « Il « est très évident que tout ce qui est vrai est quelque « chose, la vérité étant une même chose avec l'être ^ » Nous ne connaissons pas d'abord la réalité, puis la vérité ; d'après ce qu'enseigne la théorie de la certitude, à laquelle il faut toujours revenir, car elle est l'àme de la philosophie cartésienne tout entière, avant d'être légitimement tenues pour réelles, les choses extérieures nous apparaissent comme possibles ; nous passons donc des essences aux existences, et l'existence n'est autre chose que l'essence, clairement entendue et par suite tenue pour réelle. Le monde extérieur, ou, si l'on aime mieux, le système des figures et des mouvements, est donc dans l'esprit, s'il n'est pas l'esprit lui-même. Ce n'est pas à dire qu'il soit substantiellement identique à l'esprit; il serait plutôt une partie de l'entendement divin, révélé à l'esprit humain. Descartes n'a-t-il pas dit : « La connaissance intuitive est une illustration de l'es- « prit, par laquelle il voit en la lumière de Dieu les « choses qu'il lui plaît de lui découvrir, par une impres- <v sion directe de la clarté divine sur notre entende- « ment, qui en cela n'est pas considéré comme agent, « mais seulement comme recevant les rayons de la

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