‹ DescartesChapitre 169 sur 172 · e Méd., I · texte numérisé non relu

e Méd., I

« divinité ». » Par là, Descartes conduit droit à Malébranche, comme naguère il aboutissait à Spinosa.

Ainsi ces trois choses, Dieu, le monde des corps et le monde des esprits, radicalement séparées lorsqu'on les envisage comme modes distincts de la pensée, tendent à se rapprocher, à s'unir, à se confondre lorsqu'on les envisage du point de vue métaphysique. Mais en proclamant la liberté absolue du premier principe, en plaçant dans l'homme une volonté libre, à côté d'un entendement enchaîné par des hens nécessaires, Descartes n'a-t-il pas élevé un obstacle infranchissable à la fusion du monde avec Dieu et de l'étendue avec l'esprit? Liberté et nécessité s'excluent; dès lors, comment le monde, gouverné par un déterminisme absolu, parviendrait-il à pénétrer dans la substance absolument libre? Comment les modes de l'étendue figurée, où rien n'arrive qu'en vertu de lois générales, se confondraientils avec les hbres manifestations des esprits ? Et, d'autre part, comment les volontés humaines ne resteraientelles pas distinctes de la volonté divine? Par la liberté, Descartes semble se sauver du panthéisme et asseoir sm' une base solide sa distinction logique des substances, qu'une logique plus rigoureuse fait promptement évanouir.

On a vu quel rôle important il assigne à la liberté ; il la place à l'entrée, à chaque développement et au terme de son système ; elle est à l'entrée, dans le doute métho-

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