‹ DescartesChapitre 40 sur 172 · Pri7icip., liv. II, art. 46 à 53, III, 160 sqq · texte numérisé non relu

Pri7icip., liv. II, art. 46 à 53, III, 160 sqq

3. Lett., VIII, 311 : « Je la dis venir (la pesanteur) de ce que la matière subtile tournant fort vite autour de la terre chasse les corps terresti'es vers le centre de son mouvement. »

4. Dioptriq.^ dise, le"-, V, 6. « La lumière n'est autre chose, dans les corps qu'on nomme lumineux, qu'un certain mouvement et une action fort prompte et fort vive, qui passe vers nos yeux, par l'entremise de l'air et des autres corps transparents. »

chaleur? Un mouvement encore \ Et les lois de ces phénomènes, en apparence si divers, ne sont que des dérivées de ces lois universelles placées par Descartes, comme des (lambeaux, à l'entrée de sa physique. Lès propriétés les plus secrètes des corps, celles de l'aimant par exemple, ne sont pas expliquées d'une autre mâ+f nière. Le mécanisme s'étend à tout, rend compte de^ tout. Il faut lire les Principes, la Dioptrique, les Météores, et ce qui nous reste du traité du Monde, pour savoir ce que fut la physique cartésienne, et de quelle ampleur et de quelle simplicité de génie elle témoigne ^

Sans vouloir exposer ici autre chose que les principes de cette vaste construction mathématique, aujourd'hui ruinée en maint endroit, il en est une partie cependant, la théorie des phénomènes vitaux, qu'il nous faut décrire plus en détail, car nous la retrouverons plus tard en parallèle avec les explications données par Descartes de l'homme moral. C'est à peine si de nos jours la biologie est tenue pour une des sciences positives; longtemps on a fait des phénomènes de la vie un empire à

1. Le monde, ch. 2, IV, 223 : « En se frottant seulement les mains, on les échauffe, et tout autre corps peut aussi être écliauffé sans être mis près du feu, pourvu seulement qu'il soit agité et ébranlé en telle sorte que plusieurs de ces petites parties se meuvent. »

2 « Dieu a si merveilleusement établi ces lois, qu'encore que nous sup posions qu'il ne crée rien de plus que ce que j'ai dit, et qu'il ne mette en ceci aucun ordre ni proportion, mais qu'il en compose un cliaos, le plus confus et le plus embrouillé que les poètes puissent décrire, elles sont suffisantes pour faire que les parties de ce chaos se démêlent d'ellesmêmes et se disposent en si bon ordre, qu'elles auront la forme d'un monde très parfait et dans lequel on pourra voir non seulement de la lumière, mais aussi toutes les autres choses tant générales que particulières qui paraissent dans ce vrai monde. » (le monde, ch. 6, lV,2i9.)

part, intermédiaire entre les choses de la nature inerte et celles de l'âme, où régnaient des forces spéciales, distinctes et souvent même antagonistes des forces physiques, chimiques et mécaniques. Pourtant, de là, comme du reste du monde. Descartes avait banni les idoles métaphysiques, et il avait assimilé les faits de la vie à ceux de la nature inorganique. Là, le charme et les hens de la tradition étaient peut-être encore plus puissants qu'ailleurs. Les phénomènes vitaux sont plus près de l'âme que les autres ; nous semblons en avoir conscience ; ils paraissent soustraits à l'action des forces physiques. Dès lors, n'est-il pas naturel de les rapporter, comme avaient fait Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Paracelse, Van Helmont et tant d'autres, ou bien à l'âme elle-même, ou bien à des analogues de l'âme, âmes inférieures il est vrai, d'autre essence cependant que les puissances dont on croyait la nature physique animée? Et combien peu justifiée devait paraître, au premier abord, l'idée, renouvelée des atomistes anciens, de réduire ces phénomènes vitaux à des mouvements, sans nier toutefois, comme avaient fait les atomistes, l'âme elle-même. C'est pourtant ce que fit Descartes. Il voulait une médecine fondée en démonstrations infaillibles *. La constituer était même le souci final de ce savant, qu'on s'est plu à représenter comme un spéculatif uniquement en quête des choses de l'esprit.

« 11 n'y a rien, dit-il, à quoi l'on se puisse occuper « avec plus de fruit qu'à tâcher de se connaître soi-

Page 1