L'Hom., IV
Descartes crut devoir recourir à cette antique invention, il en fixa du moins l'essence de façon à éviter toute contradiction à ses principes; pour lui, les esprits animaux ne sont que matière, l'extrait le plus subtil et le plus mobile du sang. Charriés dans le sang, ils se séparent des parties plus grossières et plus lentes avec lesquelles ils étaient d'abord mélangés; puis ils pénètrent dans le cerveau par mille petits pores où sont arrêtées les parties moins ténues du sang. C'est de là qu'ils vont se répandre, par les canaux nerveux, dans le corps entier, pour y porter le mouvement. Malgré l'imperfection des instruments en usage de son temps, Descartes s'était fait une assez juste idée de la structure anatomique des nerfs. Il la décrit ainsi : un nerf est un faisceau de petits tubes enveloppés par une tunique; ces tubes sont eux-mêmes formés d'une tunique et d'une moelle fort déliée qui vient de la substance même du cerveau, et va se perdre dans les parties du corps où les nerfs aboutissent; dans l'espace compris entre cette moelle et cette tunique circulent les esprits animaux. Comment y sont-ils introduits? Les enveloppes des moelles nerveuses s'attachent aux enveloppes du cerveau ; les moelles, comme nous venons de le voir, font coips avec la substance cérébrale. Par suite, quand un organe est ébranlé par un mouvement extérieur, l'ébranlement se communique instantanément au cerveau. De là les sensations qui diffèrent entre elles, suivant les différences des mouvements reçus et transmis par les nerfs K « L'ébranlement du cerveau ouvre les