Letf., VI
sorte de puissance imaginaire, mais que je me sers de ce mot pour signifier la matière même, en tant que je la considère avec toutes les qualités que je lui ai attribuées, comprises toutes ensemble, et sous cette condition que Dieu continue' dé la conserver de la même façon qu'il l'a créée; car, de cela seul qu'il continue ainsi de la conserver, il suit de nécessité qu'il doit y avoir plusieurs changements en ses parties, lesquelles ne pouvant, ce me semble, être proprement attribuées à l'action de Dieu, parce qu'elle ne change point, je les attribue à la nature ^ » On ht de même, dans la cinquième partie du Discours de la méthode : « Je fis voir queUes étaient ces lois de la nature, et, sans appuyer mes raisons sur aucun autre principe que sur les pertections infinies de Dieu, je tâchai de démontrer toutes celles dont on eût pu avoir quelque doute. » Enfin la deuxième partie des Prmcipes^ pubhés en 1644, expose en quelle manière les lois primitives de la nature dérivent de l'idée de Dieu. — La quantité du mouvement demeure constante dans le mond& matériel, car Dieu est immuable, et par suite il doit « conserver en « l'univers, par son concours ordinaire, autant de mou- « vement et de repos qu'il y en a mis en le créant. » — Chaque chose en particuHer continue d'être en même état autant qu'il se peut, et efie ne le change jamais que par la rencontre des autres, car « Dieu n'est pas sujet à « changer et agit toujours de même sorte. » — Chaque partie de la nature,, en sou particulier, tend à se mouvoir